Austin Adissolag Ayenan, un internaute a fait une publication sur son compte Facebook dans laquelle il s’est prononcé sur le don reçu par l’acteur Fortuné de la part des missionnaires de Aputchou National. Il explique pourquoi il a du mal à accepter l’aide des gens.
Je ne sais pas si l’histoire de Papa Fortuné vous fera comprendre pourquoi je n’aime pas trop les aides qui viennent de personnes qui ne sont pas mes proches.
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Le monsieur vivait tranquillement dans son coin. Grand acteur de cinéma, on peut dire que le cinéma ne lui a malheureusement pas beaucoup souri sur le plan financier.
Malgré son immense talent et tout ce qu’il a apporté au cinéma ivoirien, il n’a jamais réussi à gagner suffisamment d’argent pour réaliser de grands projets ou mettre de côté un patrimoine important. Il vivait dans une petite maison dans un quartier d’Abidjan.
Chaque matin, il prenait son gbaka pour aller à ses occupations, participer à ses tournages et rentrer le soir avec le minimum nécessaire pour faire vivre sa famille. Un jour, une de ses admiratrices, qui le suivait beaucoup, l’a reconnu dans la ville. En le voyant dans ces conditions, elle a ressenti de la peine.
Pour elle, un homme qui avait autant marqué le cinéma ivoirien méritait une vie bien meilleure. Elle l’a filmé discrètement et a publié la vidéo sur les réseaux sociaux. La vidéo est devenue virale.
Un créateur de contenu connu pour ses actions sociales a alors décidé de lancer une collecte de fonds pour venir en aide à Papa Fortuné. L’objectif était de réunir 45 millions de francs CFA afin de lui offrir une maison dans une belle cité, une voiture et quelques millions pour permettre à son épouse de lancer une activité génératrice de revenus.
En seulement six jours, plus de 50 millions de francs CFA avaient déjà été collectés sur la plateforme officielle mise à disposition pour cette campagne. Une société immobilière, touchée par l’initiative, a même accepté de céder une villa estimée à 45 millions pour seulement 25 millions de francs CFA. Tout s’est ensuite enchaîné très rapidement.
Le jour de la remise officielle de la maison, de la voiture et des autres dons, les chaînes de télévision étaient présentes. De nombreux artistes et acteurs du monde du spectacle avaient également fait le déplacement. Papa Fortuné et son épouse étaient aux anges.
Son pays venait enfin de lui témoigner sa reconnaissance pour toutes ces années consacrées à faire rayonner le cinéma ivoirien et africain.
Mais…
Mais…
Mais…
On aurait aimé que l’histoire s’arrête là. On aurait aimé que les donateurs lui remettent simplement les clés de sa nouvelle vie et le laissent vivre en paix. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se passe.
Depuis cette collecte, certaines personnes qui ont participé à l’élan de solidarité demandent constamment des comptes à Papa Fortuné. Lorsqu’elles le voient sans la voiture offerte, elles publient des messages pour lui demander où elle est passée, comme s’il était obligé de rouler avec 24 heures sur 24.
Quand elles apprennent qu’il ne dort pas encore dans la maison qui lui a été donnée, elles exigent des explications. Quand elles croisent son épouse au marché, elles veulent savoir ce qu’elle a fait des cinq millions reçus pour lancer son activité.
S’il participe à une fête, certains l’accusent immédiatement de mal gérer l’argent reçu. Et savez-vous ce qui est le plus triste dans tout cela ?
Papa Fortuné est désormais obligé de faire régulièrement des vidéos pour justifier ses choix, expliquer son mode de vie et rassurer ceux qui l’ont aidé. Dans sa dernière vidéo, j’ai vu un homme fatigué.
J’ai vu un père de famille qui semblait regretter d’avoir accepté cette aide. J’ai vu quelqu’un qui est passé d’une vie modeste mais tranquille à une vie où chacun pense avoir un droit de regard sur ses décisions.
Et c’est exactement pour cette raison que j’ai souvent du mal à accepter l’aide des gens.
Je n’aime pas l’idée que quelqu’un puisse penser avoir le droit de me dire comment vivre parce qu’il m’a aidé un jour.
Aider quelqu’un ne devrait jamais signifier prendre le contrôle de sa vie. Une aide est un acte de générosité, pas un investissement qui donne droit à un siège dans le conseil d’administration de la vie de celui qui la reçoit.
Lorsque vous décidez d’aider quelqu’un, faites-le avec le cœur. Si vous ne pouvez pas donner sans exiger de comptes sur chaque décision future de la personne, alors il vaut peut-être mieux ne pas donner du tout.
Une fois votre aide remise, la dignité de la personne doit rester intacte. La vraie générosité libère.
Elle ne surveille pas.
Elle n’humilie pas.
Elle n’impose pas.
Elle ne transforme pas un bénéficiaire en prisonnier moral.
Aidons les gens à se relever, mais n’essayons pas ensuite de diriger leurs pas. Car le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à quelqu’un, après l’avoir aidé, c’est encore sa liberté.
Austin Adissolag Ayenan
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction
Fortuné Akakpo clarifie le sort de la voiture offerte par Apoutchou National – allbuzzafrica


























