Le journaliste, Hermann Aboa s’est prononcé sur l’élimination des Éléphants de Côte d’Ivoire en seizièmes de finales par la Norvège le 30 juin 2026 à Atlanta aux États-Unis. Selon lui, à force de répéter que « l’équipe est en reconstruction », nous finissons par banaliser l’échec.
La culture du « ça va aller »… jusqu’à quand ?
Mondial 2026 de football. La Côte d’Ivoire a encore perdu. Pas contre le Brésil. Pas contre l’Argentine. Pas contre l’Espagne. Contre la Norvège. Et déjà, les discours de consolation sont de retour. Les mêmes refrains. Les mêmes justifications. Les mêmes analyses qui transforment chaque échec en étape d’apprentissage. Comme si la Côte d’Ivoire était condamnée à apprendre éternellement sans jamais maîtriser sa matière. À quel moment avons-nous décidé que l’excellence était devenue une option ?
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Le problème dépasse largement ce match. Il est culturel. Nous nous sommes habitués au peu. Nous célébrons l’effort quand le résultat est médiocre. Nous applaudissons les bonnes intentions quand le terrain exige des performances. Nous nous satisfaisons de promesses pendant que d’autres accumulent des victoires. À force de répéter que « l’équipe est en reconstruction », que « les jeunes vont grandir », que « la défaite est riche d’enseignements », nous finissons par banaliser l’échec.
Or, une nation championne ne construit pas une mentalité de vainqueur en faisant de chaque revers une victoire morale. La Côte d’Ivoire est championne d’Afrique. Ce statut impose des exigences. Il impose de regarder les adversaires dans les yeux, pas avec admiration, mais avec la ferme intention de les battre.
Pourquoi avons-nous toujours l’impression que les autres sont naturellement supérieurs ? Pourquoi entrons-nous si souvent dans les compétitions pour apprendre, quand les autres y entrent pour gagner ?

Le plus inquiétant n’est même plus la défaite. C’est la facilité avec laquelle nous lui trouvons des circonstances atténuantes. Nous excellons dans l’art de fabriquer des excuses : « Le terrain était difficile. », « L’équipe manque d’automatismes. » , « Le groupe est jeune. », « L’adversaire est plus expérimenté. », « La préparation a été courte. »…
À la fin, il reste une seule vérité : le tableau d’affichage.
Le football de haut niveau ne récompense ni les bonnes intentions ni les conférences de presse. Il récompense le travail bien fait, les choix justes et la culture de la victoire. Il est peut-être temps d’arrêter de confondre patience et résignation. Accepter qu’une équipe perde, c’est le football. Accepter qu’elle se contente de perdre sans remettre profondément en cause ses méthodes, c’est autre chose.
L’ambition d’une grande nation ne peut pas être de « faire bonne figure ». Elle doit être de dominer, de gagner et de confirmer son rang.
Le véritable danger n’est pas d’avoir été éliminés par la Norvège. Le véritable danger, c’est que certains trouvent cette élimination finalement « pas si grave ». C’est précisément ainsi que naît la culture de la médiocrité : quand l’exception devient l’habitude, et que l’habitude finit par devenir une norme.
Hermann Aboa
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction


























