Face à la multiplication des contenus jugés contraires aux bonnes mœurs sur les réseaux sociaux, la Fondation Afrik’Orizon appelle les États africains à adopter une réponse commune et structurée. Dans une déclaration rendue publique le 23 juin 2026 à Abidjan, sa présidente, Mme Kissi Elvire, a plaidé en faveur de la mise en place d’un cadre juridique africain destiné à mieux encadrer les activités des influenceurs dont les publications portent atteinte, selon elle, aux valeurs morales et culturelles du continent.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par la polémique née des déclarations de la créatrice de contenu Yeelen Virginie Kouamé, connue sous le pseudonyme de Maa Bio, à l’encontre de l’artiste Bakayoko Rahim, alias Himra. Pour la Fondation Afrik’Orizon, cette affaire illustre les dérives croissantes observées sur les plateformes numériques.
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« Je reste favorable à des sanctions contre ces influenceurs dont les contenus portent manifestement atteinte aux bonnes mœurs et à la pudeur publique », a déclaré Mme Kissi Elvire, estimant que certaines productions diffusées sur les réseaux sociaux contribuent à banaliser des comportements incompatibles avec les valeurs africaines.
Toutefois, la présidente de la Fondation considère que les poursuites judiciaires et les peines d’emprisonnement ne suffisent pas à enrayer le phénomène. Selon elle, certains créateurs de contenus parviennent même à tirer profit de leurs démêlés avec la justice.
« Dans l’univers des réseaux sociaux, certains transforment même leur incarcération en outil de communication. Une fois libérés, ils reviennent avec une notoriété décuplée, devenant aux yeux de certains de véritables “stars” », a-t-elle souligné.
Pour Afrik’Orizon, la problématique dépasse le simple cadre des sanctions pénales. L’organisation invite à une réflexion plus large sur les mécanismes de monétisation des contenus controversés, la recherche permanente du buzz ainsi que le manque d’éducation numérique observé chez une partie des utilisateurs des réseaux sociaux.
Mme Kissi Elvire estime que les pays africains gagneraient à harmoniser leurs législations afin de mieux faire face aux défis posés par l’expansion du numérique. « Punir est nécessaire lorsque la loi est violée. Mais empêcher que la sanction ne devienne un tremplin vers une plus grande popularité est tout aussi important », a-t-elle affirmé.

Dans cette perspective, la Fondation propose l’élaboration d’un cadre juridique commun permettant aux États africains de renforcer leur coopération dans la lutte contre les contenus portant atteinte à la dignité humaine, aux valeurs morales et à la protection des mineurs.
Elle préconise également une implication plus forte des plateformes numériques dans ce combat. Selon sa présidente, les réseaux sociaux devraient pouvoir suspendre ou bannir les comptes d’influenceurs reconnus coupables de violations graves et répétées, dans le respect des procédures légales et des droits des personnes concernées.
Pour Afrik’Orizon, l’essor des réseaux sociaux constitue un défi majeur pour les sociétés africaines en raison de la rapidité de diffusion des contenus au-delà des frontières nationales. « À l’heure où les réseaux sociaux transcendent les frontières, les réponses doivent elles aussi être concertées. La liberté d’expression est un droit fondamental, mais elle ne saurait servir de prétexte à la diffusion systématique de contenus dégradants, obscènes ou préjudiciables à l’équilibre social », a soutenu Mme Kissi Elvire.
En conclusion, la Fondation appelle les gouvernements africains à parler d’une seule voix sur cette question afin de mieux protéger la jeunesse du continent et de préserver les valeurs culturelles et morales qu’elle considère comme essentielles au développement harmonieux de l’Afrique.
Lucien Kouaho (stagiaire)


























