La Direction Technique Nationale (DTN) de la Fédération Ivoirienne de Football a réuni, ce vendredi 29 mai 2026, les entraîneurs des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 à l’occasion d’un important séminaire technique organisé au Seen Hôtel d’Abidjan-Plateau. Cette rencontre visait à réfléchir aux enjeux actuels du football ivoirien et aux adaptations nécessaires face aux exigences du football moderne.
Plusieurs thèmes majeurs ont été abordés au cours des échanges, notamment le bilan technique de la saison 2025-2026, l’analyse de la CAN 2025, les nouvelles tendances tactiques du football mondial, la formation des jeunes joueurs ainsi que les enseignements à tirer de la finale de la Coupe nationale.
A lire aussi : Salif Bictogo : « Je ne trouve pas normal qu’un dirigeant de club paye un arbitre pour gagner un match »
Le séminaire a enregistré la présence de plusieurs acteurs importants du football ivoirien, parmi lesquels Salif Bictogo, président de la Ligue de Football Professionnel et 5e vice-président de la FIF, ainsi que le technicien marocain Nasser Larguet, invité spécial de cette rencontre.
Prenant la parole devant les entraîneurs, Salif Bictogo a dressé un constat critique du football local, notamment sur le plan offensif. Selon lui, les clubs ivoiriens éprouvent encore des difficultés dans l’animation offensive et dans l’accompagnement des attaquants.
« Aujourd’hui, souvent, nos ailiers prennent le ballon et refont la passe au latéral derrière eux, alors qu’un ailier doit déborder et permettre aux attaquants de marquer », a-t-il regretté.
Le président de la LFP a également souligné le faible nombre de buts inscrits par les meilleurs buteurs du championnat ivoirien, estimant que les méthodes de formation et les approches tactiques doivent évoluer afin de rendre le jeu plus offensif et plus attractif.
Au-delà des questions purement techniques, Salif Bictogo a insisté sur les difficultés liées aux infrastructures sportives. Il a déploré les conditions dans lesquelles évoluent certains clubs, notamment dans des villes comme Bondoukou et Odienné, où les équipements sportifs restent insuffisants.

Selon lui, les collectivités territoriales et les autorités locales doivent davantage soutenir les clubs à travers la réhabilitation des stades municipaux et la mise en place d’infrastructures modernes adaptées aux exigences du football professionnel.
« Le football est devenu une industrie. Il crée des emplois et encadre des milliers de jeunes. Si nous abandonnons cette jeunesse, cela deviendra un poids pour le pays », a-t-il averti.
Le dirigeant sportif a toutefois salué les progrès observés dans certaines localités comme Divo et Yamoussoukro, où les investissements réalisés dans les infrastructures sportives ont favorisé l’évolution rapide des clubs locaux.
Invité d’honneur du séminaire, Nasser Larguet a félicité la Fédération Ivoirienne de Football pour cette initiative qu’il considère comme essentielle au développement du football africain. L’ancien responsable technique au Maroc et en Arabie Saoudite a encouragé les entraîneurs africains à croire davantage au potentiel local.
« Il faut qu’on se décomplexe par rapport au football international. Nous avons des joueurs de qualité qui évoluent dans les meilleurs championnats du monde », a affirmé le technicien marocain.
Le DTN saoudien a insisté sur l’importance de la formation des jeunes et de la structuration des centres de formation afin de permettre aux clubs africains d’être plus compétitifs sur la scène continentale et internationale.
Revenant sur les récents succès du football marocain, Nasser Larguet a expliqué que ces performances sont le résultat de plusieurs années de travail dans la formation et l’organisation du football national.
Le technicien a également salué le potentiel du football ivoirien, qu’il considère comme l’un des plus solides du continent africain. Il a rappelé que les clubs et sélections ivoiriennes ont longtemps représenté des adversaires redoutables pour les équipes marocaines.
Concernant les prochaines compétitions internationales, Nasser Larguet s’est montré optimiste quant aux chances des sélections africaines lors de la prochaine Coupe du monde.
« Si nous croyons en nous et que nous mettons le collectif au-dessus des intérêts individuels, une équipe africaine peut aller très loin dans cette Coupe du monde », a-t-il soutenu.
À travers cette rencontre technique, la DTN ivoirienne entend renforcer les compétences des entraîneurs locaux et accélérer la modernisation du football national, dans un contexte où la professionnalisation des clubs apparaît désormais comme une priorité majeure.
Lucien Kouaho (stagiaire)
Développement du football ivoirien : La DTN dévoile son plan aux présidents de Ligue
























