Le Procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier (PPEF), Jean Claude Aboya, a animé le mercredi 10 juin 2026, à Abidjan-Cocody, une conférence de presse consacrée à la lutte contre le blanchiment de capitaux en Côte d’Ivoire. Il s’est interrogé si un pasteur peut-il détenir un parc auto de près de 500 millions sans éveiller une réaction, faisant allusion au pasteur Wilfried Zahui, sans le nommer, qui avait été entendu le mercredi 3 juin 2026 par le Parquet du PPEF.
Face aux journalistes, il a tenu à clarifier les contours juridiques de cette infraction, en particulier la notion de « blanchiment de capitaux autonome », désormais consacrée par la législation ivoirienne. Il a invité chacun à faire attention. « Pendant que nous sommes sous surveillance des individus se permettent de démontrer qu’en Côte d’Ivoire l’argent circule en espèce et impunément. Qu’en Côte d’Ivoire, une personne fût-il pasteur peut-il détenir un parc auto dont la valeur peut avoisiner les 500 millions FCFA sans que ça n’éveille une petite réaction des autorités qui sont chargées de lutter contre le blanchiment de capitaux. Ça n’a pas de sens. », s’est offusqué le Procureur de la République près du PPEF.
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Selon lui, si ces véhicules étaient filmés dans un autre domicile, peut-être que l’émoi ne serait pas à la proportion de ce qui nous a été donné de constater.
« On demande à ces personnes de justifier. Si c’est l’église, justifiez-nous. Puisque depuis 2024, il est fait obligation aux associations de tenir une comptabilité et de rendre compte. Maintenant on va vérifier. Mais c’est parce que vous aurez mis les projecteurs sur vous. », a-t-il fait savoir.
A l’en croire, toutes les règles de droits qui ont été érigées pour lutter contre le blanchiment des capitaux pour voir l’origine des fonds qu’on reçoit seront appliquées.

« Si vous ne pouvez pas justifier à mon niveau, il y a un autre niveau qu’on appelle le juge d’instruction, vous avez la latitude d’apporter tous les éléments pour justifier. Je pense que la personne a été mise dans cette disposition pour apporter tous les éléments puisqu’on n’a pas appliqué contre elle la mesure de détention. », a fait savoir le Procureur Jean Claude Aboya.
Il a invité les uns et les autres à faire attention parce qu’à tort ou à raison la Côte d’Ivoire est plus ou moins regardée en matière de véhicules de luxe volés comme un pays receleur de ces véhicules. « Le Procureur financier ne peut pas être là et puis pendant que de tels indices passent sous nos yeux sans apporter ne serait-ce qu’une petite réaction. », a-t-il assuré.
Certains influenceurs, a-t-il dit sont passés pour qui « on n’a pas engagé de poursuites parce qu’entre temps on a vu les éléments ». « Donc ce n’est pas automatiquement que nous engageons des poursuites qui aboutissent à l’ouverture d’une information judiciaire. Si vous avez apporté suffisamment d’éléments on vous laisse partir à la maison en vous donnant des conseils. », a conclu le de la République près du PPEF.

Soulignons que le pasteur Wilfried Zahui, a été entendu le mercredi 3 juin 2026 par le Parquet du PPEF avant d’être placé sous contrôle judiciaire, selon des informations relayées par la page Facebook Police Secours et reprises sur les réseaux sociaux.
Cette décision intervient dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite de la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, publiée le 19 mai 2026 par l’influenceur Apoutchou National lors d’une visite au domicile du religieux. La séquence montrait notamment un garage contenant plusieurs véhicules de luxe, suscitant de nombreuses réactions en ligne et l’intérêt des autorités.
Karina Fofana


























