L’ex-préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi Irié, s’est prononcé sur l’assassinat du jeune livreur à moto, Koné Mamadou, survenu à Cocody (II Plateaux, Vallon), à Abidjan. Selon lui, ce odieux du jeune livreur et les photos horribles qui ont circulé, créeront un sentiment d’insécurité.
Un crime odieux
Chaque fois que je vois des publications sur le meurtre du jeune livreur, je suis tétanisé. Quand repasse en mon esprit le film de ce crime odieux, je suis bouleversé.
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Comment arrive-t-on à tuer aussi froidement ? Comment ôte-t-on des vies humaines pour si peu ?
Il ne devrait y avoir aucune place pour la violence en Côte d’Ivoire, quelles que soient les raisons.
Dans ce pays, tout le monde court vers l’argent, vers la gloire, vers le pouvoir, sans vertu, sans scrupule et sans vergogne. Il y a peu de places pour la promotion des valeurs et du travail.
Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est la compilation de décennies de négligence d’une éducation vraie et totale de nos enfants. La violence et la paresse se sont confortablement installées dans l’esprit de certains d’entre eux, depuis 1991. Et nous en sommes tous coupables.
C’est pour cette raison que AUBE NOUVELLE s’efforce toujours de rappeler la nécessité de cultiver les valeurs dans une société.
Ce crime odieux du jeune livreur et les photos horribles qui ont circulé, créeront un sentiment d’insécurité comme dans le cas de la jeune Larissa en 2016, à Yopougon, et qui nous avait donné du fil à retordre dans la gestion de la sécurité, tant les conséquences sont restées pendant des années. Or, le sentiment d’insécurité est plus difficile à combattre que l’insécurité elle-même .
Faisons la promotion des valeurs pour réduire l’influence de la violence dans l’esprit de notre jeunesse.
Trop longtemps dans notre pays, nous avons fait du Ministère de l’Education Nationale exclusivement le MINISTÈRE DE L’ÉCOLE ( examens , diplômes, orientations, écoles, enseignants, cahiers, livres, bâtiments). Il est temps de réactiver le volet Education du peuple, comme cela se fait dans beaucoup de pays et comme ma génération à moi en a profité, sous l’ère Houphouët-Boigny. Cela se fera par les médias classiques et modernes ainsi que par tous les supports et canaux possibles. Cela passera également par les discours publics et les comportements des premiers responsables du pays et de tous ceux ( leaders d’opinion, sportifs, artistes, chefs religieux, politiciens) qui ont un certain rayon d’influence dans l’espace public.
On construit. Pensons ardemment à bâtir aussi l’âme ivoirienne et à la remplir de valeurs, du respect de la vie et du droit.
Une jeunesse n’est souvent qu’à l’image de toute la société elle-même. Quand la société active des germes de violence, la fragile jeunesse est la première à en être affectée et à exercer cette violence aveuglement. Il est facile pour un pays de glisser de façon imperceptible vers une violence incontrôlable, malheureusement comme à Haïti en ce moment.
Donc parler de valeurs, promouvoir le travail, l’effort, le respect de l’autre, la justice et l’équité , ce n’est pas rétrograde, c’est éviter que la société ne sombre dans une violence aveugle comme celle que le jeune livreur a subie. Paix à son âme.
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction
























