Secre Dago à rendu hommage à l’artiste Akézo, à l’état civil Sérikpa Gnakpa Simplice encore surnommé Monsieur Papagnon, originaire de Gragba-Dagolilié (Lakota) et décédé le 19 octobre 2003 à Treichville. Pour lui, sa disparition reste difficile à oublier.
Akézo, le dernier combat.
Akézo était un chanteur dont la disparition reste difficile à oublier. Il comptait beaucoup de fans dans notre pays. Voici l’auteur d’une cassette enregistrée dans des conditions modestes et en faisant montre d’une capacité vocale hors norme, l’opinion eut tout de suite une admiration pour lui. En plus de savoir composer, Akézo savait transmettre ses messages ; se faire comprendre par la dénonciation des maux qui rongent la société africaine.
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Sans aucune étiquette politique pour être propulsé au devant de la scène musicale comme certains chanteurs, il défendait les déshérités, dénonçait les pratiques occultes de certains individus.Toutes les composantes de la population ivoirienne, sans comprendre le sens de ses chansons l’avaient adopté. Celles de la sous-région l’aimaient également. Les mélomanes Guinéens avaient rendez-vous avec lui à Conakry quand la maladie le limita dans ses mouvements. Après, ce serait le tour de nos parents de la diaspora de le voir en chair et en os. Mais, en attendant, la K7 « Papagnon »avait été copiée en plusieurs exemplaires.
En fait, Akézo était apprécié par des personnes de tous âges. Il était entré dans les mœurs de beaucoup pour la maîtrise de son art. À ne pas ignorer qu’il était le maître des artistes chantant à Acapela. L’homme était doté d’une belle voix, d’un timbre vocal adoucissant accompagnant des textes philosophiques qui procuraient une sensation profonde à ses auditeurs. Yahi Magloire, grand parolier de son état s’exclama en le regardant faire une prestation : « Petit Gnakpa, tu es fort ! » Le nonagénaire s’émut en le voyant à l’oeuvre. Akézo commença par s’affaiblir. Les soupçons se portèrent sur les sorciers.
Ses fans et l’opinion publique prétendaient qu’il était victime de la sorcellerie qu’il dénonçait publiquement. A-t-il vraiment été emporté par les forces du mal ? Il faut dire à mon avis qu’Akezo fut victime de sa philosophie: celle de lutter contre l’injustice qui empêche les pauvres de s’épanouir. Les sujets et les faits politiques politiciennes à denoncer n’étant pas son fort, il savait qu’en s’attaquant aux pratiques mystiques, Gnakpa Simplice faisait face aux forces maléfiques qui gênent les hommes dans leurs rêves de vivre en paix.
L’Artiste chantait aussi la mort comme ses congénères du sud-ouest ivoirien. Il exhortait aussi à l’aide aux pauvres et orphelins en passant par ses hommages qu’il rendait aux femmes, à nos mères. Bien qu’il ne fut pas vraiment sans père et sans mère, le bonhomme faisait allusion à sa propre souffrance générée par la séparation de ceux-ci.
Chanteur mentalement fort, Akézo minimisait la maladie qui le rongeait de sorte à vouloir poursuivre ses prestations, chanter pour faire passer son message. Il avait des larmes aux yeux quand on l’empêchait de se produire. L’exemple à la finale d’un match de football à Mahouréboua et à Zikoboué, aux obsèques de Boga Doudou à qui il avait dédié une belle chanson. Les organisateurs trouvaient que l’artiste engagé était inapte à faire du spectacle. Pourtant Simplice était conscient de son état de santé qui se dégradait.
Un jour, il dit à ses amis venus lui rendre visite à Yopougon, de son retour du marché de Port-Bouet 2. » Je sais que je ne me sortirai pas de cette maladie ». Le chanteur dénonciateur des maux avait raison. Le porte-voix de la chanson dida-bété va faire des orphelins ses nombreux fans en Afrique et dans le monde.
Secre Dago
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction
























