Figure emblématique de la musique ivoirienne, Monique Seka revient sur l’histoire et la portée de l’un de ses plus grands succès, « Missouwa ». Dans un témoignage, la Reine de l’Afro Zouk dévoile les inspirations profondes de cette chanson devenue intemporelle.
Selon l’artiste, « Missouwa » raconte avant tout une histoire universelle, celle de la souffrance d’une femme trahie dans son foyer. « Dans cette chanson, j’évoque l’histoire des pleurs d’une femme déçue par son époux », confie-t-elle. À travers ce récit, la chanteuse lance également un message fort sur les relations conjugales. Pour elle, aucune situation ne justifie qu’une femme soit poussée à bout : « Quelle que soit la situation, on ne doit pas faire pleurer une femme », insiste-t-elle.
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Monique Seka invite ainsi les couples en difficulté à privilégier le dialogue et la séparation à l’amiable, plutôt que de sombrer dans des comportements destructeurs. Dans une métaphore marquante, elle met en garde contre les conséquences des blessures émotionnelles : « Les larmes que verse une femme, ce n’est pas bon », souligne-t-elle, évoquant la profondeur des douleurs silencieuses.
Sur le plan artistique, « Missouwa » est le fruit d’un travail méticuleux et d’une collaboration internationale. La première maquette a été réalisée à Abidjan avec Houon Pierre, figure respectée de la scène musicale ivoirienne. Par la suite, l’artiste s’est rendue en France pour finaliser le morceau avec l’arrangeur cap-verdien Manou Lima, apportant ainsi une dimension sonore riche et aboutie à l’œuvre.
Sortie en 1988 sur son deuxième album, après « Tantie Affoué » paru en 1985, « Missouwa » s’impose rapidement comme un tournant dans la carrière de Monique Seka. « Ce morceau est comme ma carte d’identité musicale », affirme-t-elle. Le titre a en effet contribué à la révéler au grand public ivoirien avant de conquérir l’ensemble du continent africain.
Aujourd’hui encore, « Missouwa » demeure incontournable dans le répertoire de la chanteuse. « À tous mes spectacles, elle est toujours demandée », indique-t-elle, preuve de l’attachement du public à cette œuvre. Toutefois, elle reconnaît que c’est le titre « Okaman » qui a consolidé sa notoriété à l’international.
Toujours active sur scène, Monique Seka annonce un concert spécial prévu le 24 mai 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan, dans le cadre d’une célébration dédiée à la fête des mères. Elle y partagera l’affiche avec d’autres figures féminines de la musique ivoirienne, notamment Chantal Taïba, Mathey et Antoinette Konan.
À travers « Missouwa », Monique Seka rappelle ainsi que la musique peut être à la fois un miroir des réalités sociales et un puissant vecteur de sensibilisation.
Lucien Kouaho (stagiaire)























