Le journaliste sportif ivoirien Martial Gohourou, réputé pour ses analyses précises et parfois controversées s’est attaqué à. Didier Drogba, sans le citer. Celui-ci avait annoncé que l’Argentine fait partie des équipes favorites au mondial 2026. « Diriger la FIF ne se fait pas à coup de sorties sur Facebook », a répondu Martial Gohourou.
Quand les pronostics de salon masquent la réalité du football ivoirien
En Côte d’Ivoire, le football déchaîne si vite les passions que la logique finit souvent sur la touche. Depuis quelques heures, la toile ivoirienne s’enflamme pour une stérile guerre de pronostics sur le Mondial 2026, illustrant une confusion totale entre spectacle médiatique et gestion sportive réelle.
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D’un côté, une ancienne gloire nationale s’est prêtée au jeu en désignant l’Argentine comme future lauréate. Disons-le franchement que parier sur l’Albiceleste n’a rien d’un coup de génie. Annoncer le sacre du champion du monde en titre et leader du classement FIFA relève de la stricte logique statistique.
Quant à voir en Ousmane Dembélé le futur meilleur buteur du tournoi, cela ressemble plutôt à un pari risqué sans grand fondement.
Mais ce sont surtout ses projections sur les Éléphants (évoquant les quarts, les demies ou mieux, alors qu’ils ont été éliminés en seizièmes de finale) qui s’apparentent à de la démagogie. Pourtant, ses partisans se mobilisent immédiatement pour faire taire la moindre critique constructive.
A l’inverse, l’international ivoirien Yan Diomandé a osé parier sur une sélection d’Espagne rajeunie. Un choix audacieux et tactiquement intéressant.
Présider n’est pas prophétiser
Diriger la FIF ne se fait pas à coup de sorties sur Facebook ou sur les plateaux de télévision parisiens. Administrer notre football exige un travail de fond, souvent ingrat, mais indispensable :
-Financer et structurer nos championnats locaux, de la Ligue 1 à la Division 3.
-Développer le football des jeunes et des femmes sur le terrain, loin des caméras.
-Rassurer les sponsors et assainir le climat institutionnel pour sécuriser les investissements.
On peut être un piètre pronostiqueur et un excellent gestionnaire. A l’inverse, avoir du flair pour deviner les scores ne garantit en rien la capacité à boucler le budget d’une ligue régionale.
Le terrain a sa vérité, l’administration a ses exigences
Croire qu’un passé de joueur de légende dispense d’apprendre à diriger est une illusion. Le terrain demande du talent brut et de l’émotion. La gestion fédérale, elle, exige de la rigueur, une présence constante sur le terrain local et un dialogue permanent avec les présidents de clubs, qui investissent leurs propres ressources pour faire vivre notre football dans l’anonymat.
Confondre la gouvernance de notre football avec un concours de popularité numérique ou une foire aux pronostics est un raccourci dangereux.
Si l’on veut moderniser la FIF, il est temps d’arrêter de traiter le sport roi comme une émission de téléréalité, de laisser les débats de salon de côté, et de se concentrer enfin sur le travail de fond.
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction


























