La Haute Cour du Kenya a rejeté, mercredi 15 juillet 2026, une requête déposée par la communauté rastafarienne visant à obtenir une dérogation à la législation sur les stupéfiants afin d’autoriser l’usage du cannabis dans le cadre de ses pratiques religieuses.
Dans son jugement, le juge Bahati Mwamuye a estimé que les requérants n’avaient pas démontré que la loi kényane sur les stupéfiants portait atteinte à leur liberté de religion. Il a rappelé qu’une exemption accordée à un groupe religieux ne peut être envisagée qu’en présence d’un fondement constitutionnel et juridique solide, condition qui, selon lui, n’a pas été remplie dans cette affaire.
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La requête avait été introduite par la Rastafari Society of Kenya, qui soutenait que le cannabis occupe une place essentielle dans les pratiques spirituelles de ses membres. L’organisation estimait que son interdiction constituait une atteinte à la liberté de culte garantie par la Constitution kényane.
Tout en confirmant la validité de la législation en vigueur, le magistrat a toutefois reconnu que la question du cannabis mérite un débat national. Il a souligné que la réflexion sur les politiques relatives aux drogues dépasse le seul cadre de la communauté rastafarienne et concerne l’ensemble de la société kényane.
Depuis 1994, le Kenya interdit la culture, la possession et la consommation de cannabis. Les contrevenants encourent des peines d’emprisonnement, des amendes ou les deux, tandis que les infractions liées au trafic de stupéfiants sont sanctionnées plus sévèrement.
À l’issue du verdict, plusieurs membres de la communauté rastafarienne se sont réunis à Nairobi pour dénoncer cette décision. Leur avocat, Shadrack Wambui, a annoncé qu’un recours serait introduit devant la Cour d’appel afin de contester le jugement.
Cette affaire ravive le débat sur l’équilibre entre la liberté de religion et les politiques de lutte contre les stupéfiants au Kenya. Si la Haute Cour a refusé de créer une exception religieuse en faveur des rastafaris, elle a néanmoins estimé qu’une réflexion plus large sur la réglementation du cannabis pourrait être engagée à l’échelle nationale.
Karina Fofana
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