Nouveau développement dans l’affaire impliquant le cyberactiviste ivoirien Ibrahim Zigui. Alors qu’il avait été condamné en première instance à cinq ans de prison ferme pour « provocation à l’insurrection » et « troubles à l’ordre public », la Cour d’appel d’Abidjan a ordonné sa mise en liberté provisoire, le lundi 6 juillet 2026.
L’information a été annoncée par son avocat, Me Ange Rodrigue Dadjé, qui a salué cette décision judiciaire dans une déclaration rendue publique peu après le prononcé de l’arrêt. « La Cour d’Appel d’Abidjan vient d’ordonner la mise en liberté provisoire du jeune Ibrahim Zigui. Merci aux Autorités ivoiriennes et à la Justice pour leur clémence. Merci Seigneur », a-t-il déclaré.
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Cette décision marque une étape importante dans la procédure judiciaire engagée contre l’influenceur, dont le dossier continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique. La mesure intervient plusieurs semaines après le jugement prononcé le 18 mai 2026, qui l’avait reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés et condamné à une peine de cinq années d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 20 millions de Fcfa.
Très suivi sur les réseaux sociaux, Ibrahim Zigui s’est imposé ces dernières années comme l’une des figures les plus influentes de la sphère numérique ivoirienne. Il rassemble près de 600 000 abonnés sur TikTok et plus de 250 000 sur Facebook, plateformes sur lesquelles il diffuse régulièrement des contenus critiques et des analyses portant sur l’actualité politique nationale.
Son arrestation, survenue en septembre 2025, avait provoqué une vive polémique dans un contexte marqué par les tensions liées à la préparation de l’élection présidentielle. À l’époque, sa famille ainsi que son ancien avocat avaient dénoncé ce qu’ils considéraient comme un « enlèvement » et avaient saisi la justice. Le procureur de la République avait pour sa part affirmé que l’interpellation du cyberactiviste s’inscrivait dans le cadre d’une procédure judiciaire régulière.

Les poursuites engagées contre Ibrahim Zigui trouvent leur origine dans plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux quelques jours avant son arrestation. Dans ses messages, il avait invité les Ivoiriens à porter le maillot de l’équipe nationale et à se rassembler dans des lieux publics le jour de la publication, par le Conseil constitutionnel, de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle.
Cette période avait été particulièrement tendue sur le plan politique. Elle avait notamment été marquée par l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition de la course à la magistrature suprême, dont Laurent Gbagbo. Des arrestations de militants politiques, des condamnations pour troubles à l’ordre public ainsi que plusieurs épisodes de violence ayant fait des victimes avaient également été enregistrés dans le pays.
Au fil des mois, le dossier Ibrahim Zigui est devenu l’un des symboles des tensions entourant le processus électoral. Plusieurs responsables politiques de l’opposition ont régulièrement réclamé sa libération, estimant qu’il faisait partie des personnes poursuivies dans le contexte des crispations préélectorales.
Le 16 mai 2026, lors d’un meeting politique, Laurent Gbagbo avait publiquement demandé la libération des militants et sympathisants emprisonnés, citant notamment le cas d’Ibrahim Zigui. La décision de la Cour d’appel d’Abidjan d’ordonner sa mise en liberté provisoire ouvre désormais une nouvelle séquence judiciaire dans une affaire qui continue de retenir l’attention de l’opinion publique ivoirienne.
Djabiga Soro

























