Le journaliste et patron de presse ivoirien André Silver Konan a livré une analyse sur les performances du football africain à la Coupe du monde 2026. Dans une publication diffusée sur sa page Facebook le samedi 4 juillet 2026, il a attribué les difficultés des sélections africaines à un déficit de professionnalisation des championnats nationaux et à des faiblesses structurelles qui, selon lui, dépassent largement le cadre du sport.
Réagissant au bilan des nations africaines engagées dans la compétition, André Silver Konan a relevé que, sur les neuf sélections du continent qualifiées pour les seizièmes de finale, seules le Maroc et l’Égypte ont réussi à atteindre les huitièmes de finale.
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Pour lui, ce constat n’a rien de surprenant. « Le football, ce ne sont pas des sorciers d’Akradjo, ni un fétichiste ghanéen qui fait des prédictions hasardeuses, ni des talismans à la ceinture de joueurs sénégalais. Le football, c’est l’exigence de professionnalisation des championnats locaux », a-t-il affirmé.
Le journaliste estime que la qualité des compétitions nationales constitue la base de toute progression durable. Il prend notamment l’exemple de la Côte d’Ivoire, dont l’équipe nationale est composée en grande partie de joueurs détectés directement en Europe, sans avoir véritablement émergé dans le championnat local.
Selon lui, le niveau du football national influence directement la capacité de progression des joueurs qui poursuivent ensuite leur carrière à l’étranger. Il cite les cas d’Oumar Diallo et de Simon Adingra, qu’il considère comme des talents indéniables dont le développement ne serait toutefois pas à la hauteur de leur potentiel.
Au-delà du football, André Silver Konan élargit sa réflexion à ce qu’il qualifie de crise générale de l’exigence et de la performance dans plusieurs sociétés africaines. Il dénonce une culture du moindre effort qui, selon lui, affecte aussi bien le monde du travail que les institutions publiques, les médias ou encore le comportement citoyen.
À travers plusieurs exemples tirés du quotidien, il critique le manque de rigueur professionnelle, la banalisation de certaines pratiques qu’il juge contraires à l’excellence, ainsi qu’une tendance à valoriser davantage les apparences que les résultats concrets.
Pour le patron de presse, cette réalité se reflète également dans la gestion des fédérations sportives africaines, qu’il accuse de reproduire les mêmes insuffisances observées dans d’autres secteurs.
Afin d’étayer son argumentation, André Silver Konan rappelle la domination des clubs nord-africains sur les compétitions continentales ces dernières années. Il souligne que les vainqueurs récents de la Ligue des champions de la Confédération africaine de football sont majoritairement issus d’Égypte ou du Maroc.
Il cite notamment les sacres du Pyramids FC en 2025, d’Al Ahly SC en 2020, 2021, 2023 et 2024, ainsi que celui du Wydad Athletic Club de Casablanca en 2022. À ses yeux, ces résultats traduisent la solidité des structures footballistiques mises en place dans ces pays.
À l’inverse, il relève qu’aucun club ivoirien, sénégalais, ghanéen ou congolais n’a remporté une compétition africaine majeure au cours de la dernière décennie, à l’exception du club sud-africain Mamelodi Sundowns, sacré en 2016 puis en 2026.
Pour André Silver Konan, les performances du Maroc et de l’Égypte sur la scène mondiale sont donc le prolongement logique de la qualité de leurs championnats et de leurs clubs.
Il conclut en appelant les responsables du football africain à engager de profondes réformes pour professionnaliser davantage leurs structures. À défaut, prévient-il, les sélections du continent continueront d’enregistrer des résultats décevants malgré l’augmentation du nombre de places accordées à l’Afrique dans les compétitions internationales.
« Tant que les présidents de fédérations de football en Afrique seront des bricoleurs, ne rêvons pas. On nous accordera mille places au Mondial, nous serons vite éliminés », a-t-il soutenu, estimant que le développement d’un football compétitif passe avant tout par le sérieux, la compétence et la rigueur dans la gestion des championnats nationaux.
Lucien kouaho (stagiaire)
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