La justice sénégalaise a rendu une décision historique dans une affaire de violences sexuelles sur mineures. La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Diourbel a condamné, le lundi 8 juin 2026, Serigne Khadim Mbacké, âgé de 36 ans, à vingt ans de réclusion criminelle pour des viols et actes de pédocriminalité commis sur 28 fillettes, dont 27 étaient ses propres élèves.
Les victimes, âgées de 7 à 15 ans au moment des faits, fréquentaient une école coranique située dans le quartier de Keur Gol, à Touba. L’affaire, qui avait profondément choqué l’opinion publique sénégalaise, avait éclaté en mai 2023 après les révélations d’une adolescente qui refusait de retourner dans l’établissement. Son témoignage a rapidement été suivi par ceux d’autres jeunes victimes, permettant de mettre au jour l’ampleur des abus présumés.
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Au cours du procès, l’accusé, issu d’une influente famille maraboutique, a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. Il a notamment dénoncé un prétendu « complot » visant à le discréditer. Toutefois, les témoignages concordants des victimes, renforcés par les éléments médicaux présentés devant le tribunal, ont convaincu les juges de sa culpabilité.
Face à la gravité des faits et au nombre élevé de victimes, la juridiction a prononcé la peine maximale requise par le ministère public. Cette condamnation figure parmi les plus lourdes jamais prononcées au Sénégal dans une affaire de violences sexuelles impliquant des mineures.
La décision a été saluée par plusieurs organisations de défense des droits humains.
Amnesty International Sénégal y voit un signal fort envoyé aux auteurs de violences sexuelles et un pas important dans la lutte contre l’impunité. L’organisation appelle également les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle et de protection au sein des écoles coraniques du pays.
Au-delà du verdict, cette affaire relance le débat sur la sécurité des enfants dans les structures éducatives et religieuses. Elle met en lumière la nécessité de renforcer la prévention, l’écoute des victimes et les dispositifs de signalement afin de mieux protéger les mineurs contre toutes les formes d’abus.
Pour de nombreux observateurs, l’affaire de Keur Gol rappelle que le silence, les pressions sociales et les arrangements informels peuvent favoriser l’impunité. La condamnation de Serigne Khadim Mbacké apparaît ainsi comme un tournant dans la lutte contre les violences faites aux enfants au Sénégal.
Karina Fofana


























