Au lendemain du décès de l’artiste ivoirien Abomé Léléfant, survenu le lundi 18 mai 2026, plusieurs voix du monde culturel ivoirien se sont élevées pour dénoncer les violences verbales et le harcèlement dont sont souvent victimes les célébrités sur les réseaux sociaux. Parmi elles, l’artiste rappeur et chanteur ivoirien, très populaire sur la scène urbaine abidjanaise, Sasuke Mari de Saloni, de son vrai nom Gogoua Cyrille Eric a livré un message poignant appelant les internautes à plus de responsabilité et d’humanité envers les artistes.
Très affecté par la disparition de son confrère, le chanteur a dénoncé ce qu’il considère comme une forme de harcèlement numérique destructeur. « Ce que vous appelez la pression sur Internet, en bon français, on appelle cela du harcèlement, et c’est puni par la loi », a-t-il déclaré.
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Dans une intervention largement relayée sur les réseaux sociaux, Sasuke Mari de Saloni s’est insurgé contre les attaques répétées visant les artistes ivoiriens. Selon lui, de nombreuses critiques gratuites finissent par fragiliser psychologiquement ceux qui en sont victimes.

« Le gars a les yeux rouges, il souffre intérieurement, et toi tu dis que c’est la drogue », a-t-il regretté en évoquant Abomé Léléfant. Gogoua Cyrille Eric estime que certaines accusations et rumeurs diffusées en ligne ont contribué à détériorer l’image et l’état moral du rappeur disparu.
Pour Sasuke Mari de Saloni, les réseaux sociaux sont devenus un espace où certaines personnes prennent plaisir à rabaisser les figures publiques au lieu de les soutenir. « Si vous ne pouvez pas aider les artistes, ne les traînez pas dans la boue », a-t-il lancé.
L’artiste a également cité plusieurs personnalités ivoiriennes qui, selon lui, subissent quotidiennement une forte pression médiatique. Il a notamment évoqué la chanteuse Josey, qu’il dit voir traverser une période difficile à cause des critiques constantes sur sa vie privée. « Vous êtes constamment sur sa vie », a-t-il dénoncé, appelant les internautes à davantage de compassion et de retenue.
Le chanteur a aussi pris l’exemple du milieu sportif, évoquant les critiques adressées à Jean Michaël Seri après certaines sélections en équipe nationale. Selon lui, les joueurs et artistes qui portent haut les couleurs de la Côte d’Ivoire méritent encouragement et respect plutôt qu’acharnement.
Sasuke Mari de Saloni a également rappelé les moments difficiles traversés par Kerozen, affirmant que ce dernier avait lui aussi été victime d’une importante vague de critiques avant de réussir à surmonter cette période.

À travers ce message, Gogoua Cyrille Eric souhaite sensibiliser l’opinion publique sur les conséquences psychologiques des attaques répétées sur Internet. « Ce que vous êtes en train de faire peut donner la dépression à un artiste », a-t-il averti.
Il a conclu son intervention par un appel fort adressé aux Ivoiriens : « Pardonnez, aimez vos artistes vivants, c’est le plus important. »
Très populaire sur la scène urbaine abidjanaise, il est surtout connu pour ses prestations scéniques humoristiques et ses textes satiriques qui dépeignent avec ironie le quotidien, les réalités sociales et les « m’as-tu-vu » dans les maquis.
Lucien Kouaho (stagiaire)
























