Le Tribunal Arbitral du Sport a rendu une décision importante dans le différend opposant les arbitres camerounais à la Fédération Camerounaise de Football. L’instance basée à Lausanne a officiellement déclaré recevable l’appel introduit par l’Association Camerounaise des Arbitres de Football contre la fédération présidée par Samuel Eto’o.
Cette décision constitue une première victoire pour les arbitres dans le conflit institutionnel qui les oppose à la FECAFOOT depuis les élections des ligues départementales et régionales organisées en septembre 2025. Le dossier porte notamment sur les modalités d’organisation de ces scrutins et sur la représentation des différents corps de métier au sein des instances du football camerounais.
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Dans une correspondance adressée aux avocats des différentes parties, la formation arbitrale du TAS a estimé que le communiqué n°7/Fecafoot/CE/2025 du 13 septembre 2025 constitue bel et bien une décision au sens de l’article R47 du Code de l’arbitrage sportif. Par conséquent, le tribunal s’est reconnu compétent pour examiner le recours déposé contre la fédération camerounaise.
Le TAS a également souligné que toutes les voies de recours internes prévues dans les statuts de la FECAFOOT avaient été épuisées par les requérants. Sur cette base, l’appel a été jugé recevable. La fédération dispose désormais d’un délai de vingt jours pour transmettre sa réponse ainsi que les pièces justificatives nécessaires à l’instruction du dossier.
Cette affaire est considérée comme particulièrement sensible pour la gouvernance du football camerounais. Plusieurs acteurs du football local accusent depuis plusieurs mois la FECAFOOT d’avoir organisé des élections controversées dans un contexte marqué par de fortes tensions internes.
Selon les contestataires, les élections auraient été accélérées à l’approche des échéances présidentielles de 2025, dans le but de consolider certaines positions au sein de l’assemblée générale de la fédération. Des critiques évoquent également des irrégularités dans la désignation des représentants de certains syndicats et associations sportives.
Les opposants à la direction actuelle de la FECAFOOT accusent notamment l’instance d’avoir favorisé certaines structures proches du pouvoir fédéral au détriment d’organisations historiquement reconnues. Le Syndicat National des Footballeurs Camerounais, dirigé par Geremi Njitap, est souvent cité parmi les structures s’estimant lésées dans ce processus.
Alors que la procédure se poursuit devant le TAS, cette décision relance le débat sur la transparence et la gouvernance du football camerounais. Les prochaines semaines seront déterminantes pour l’évolution de ce dossier qui continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion sportive africaine.
Lucien Kouaho (stagiaire)
























