La justice militaire ivoirienne intensifie sa lutte contre les pratiques de racket au sein des Forces de défense et de sécurité. Dans cette dynamique, le Tribunal militaire d’Abidjan a récemment condamné deux sous-officiers en poste à Adjamé à de lourdes peines pour extorsion de fonds.
Les faits remontent au 26 novembre 2025. Selon une publication sur la plateforme du Tribunal militaire d’Abidjan, ce jour-là, les deux agents, identifiés sous les initiales BKS et BS, avaient mis en place un contrôle routier improvisé au niveau du carrefour Renault, à Adjamé. En dehors de tout cadre légal, ils avaient interpellé un conducteur de tricycle, qu’ils ont contraint à leur remettre la somme de 1 000 francs CFA, tout en le maintenant sur place pendant une durée jugée excessive.
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Une opération piégée pour confondre les agents
Face à la récurrence de tels agissements dans cette zone, le Tribunal militaire avait ouvert une enquête. À en croire le Tribunal militaire d’Abidjan, les investigations, appuyées par un dispositif de surveillance discret, ont permis de prendre les deux sous-officiers en flagrant délit grâce à une caméra dissimulée, éliminant ainsi toute contestation possible des faits.
À l’audience, les prévenus ont tenté de se défendre. L’un a évoqué un contrôle de routine, soutenant que l’usager aurait volontairement proposé de l’argent. L’autre a nié toute implication, affirmant être occupé au téléphone au moment des faits. Des arguments que le Tribunal a jugés irrecevables au regard des preuves accablantes présentées.
Une décision ferme pour marquer les esprits
Reconnaissant les deux agents coupables d’extorsion de fonds, le Tribunal militaire d’Abidjan a prononcé une sanction exemplaire : cinq ans d’emprisonnement ferme pour chacun ; une amende de 100 000 francs CFA ; un mandat de dépôt immédiat.
Selon la publication sur la plateforme du Tribunal militaire d’Abidjan, cette condamnation intervient quelques jours seulement après celle d’un gendarme impliqué dans des faits similaires, confirmant la détermination des autorités judiciaires à éradiquer le racket au sein des forces de sécurité.
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À travers ces décisions, la justice militaire entend envoyer un signal fort : aucun manquement à l’éthique et à la loi ne sera toléré. Les agents des forces de défense et de sécurité sont ainsi appelés à faire preuve d’intégrité, dans le respect strict des missions qui leur sont confiées.
Source : Tribunal militaire d’Abidjan
Karina Fofana


























