La Cour d’Appel d’Abidjan a ordonné la mise en liberté provisoire du cyberactiviste ivoirien Ibrahim Zigui, selon une annonce faite par son avocat, Maître Ange Rodrigue Dadjé, dans une publication diffusée sur sa page Facebook le lundi 6 juillet 2026.
« La Cour d’Appel d’Abidjan vient d’ordonner la mise en liberté provisoire du jeune Ibrahim Zigui. Merci aux Autorités ivoiriennes et à la Justice pour leur clémence. Merci Seigneur », a écrit l’avocat, saluant cette décision judiciaire qui marque un nouveau tournant dans cette affaire fortement médiatisée.
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Cette mesure intervient plusieurs semaines après la condamnation du cyberactiviste par la justice ivoirienne. Le 18 mai 2026, Ibrahim Zigui avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’au paiement d’une amende de 20 millions de francs CFA. Le tribunal l’avait reconnu coupable de « provocation à l’insurrection » et de « trouble à l’ordre public ».
Proche du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), l’activiste était détenu depuis septembre 2025. Son arrestation faisait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo qui avait suscité de vives réactions dans l’opinion publique et au sein des institutions.
L’origine de cette affaire remonte à la fin du mois d’août 2025, dans un contexte politique marqué par l’attente d’une décision du Conseil constitutionnel relative à la validation des candidatures à l’élection présidentielle. Dans sa vidéo, Ibrahim Zigui avait tenu des propos jugés offensants à l’encontre du Conseil constitutionnel et de sa présidente, Mémé Chantal Camara.
Face à la polémique née de cette publication, le cyberactiviste avait par la suite entrepris une démarche de repentance. Le 28 février 2026, il avait rendu publique une déclaration dans laquelle il reconnaissait le caractère inapproprié de ses propos.
« Aujourd’hui, avec beaucoup de recul, je réalise que cette vidéo n’avait pas lieu d’être faite », avait-il affirmé, qualifiant lui-même son intervention de « très déplacée » et « irrespectueuse » envers l’institution et sa présidente.
Dans cette déclaration, il avait également présenté ses excuses aux autorités ivoiriennes, au Conseil constitutionnel ainsi qu’à l’ensemble de la population. Il avait indiqué avoir pleinement pris conscience de la portée de ses propos et des conséquences qu’ils avaient pu engendrer dans un climat politique particulièrement sensible.
La décision de mise en liberté provisoire prononcée par la Cour d’Appel d’Abidjan ne met toutefois pas un terme définitif à la procédure judiciaire. Elle permet néanmoins à Ibrahim Zigui de recouvrer temporairement sa liberté en attendant la suite des démarches judiciaires éventuelles.
Cette évolution du dossier est suivie de près par les observateurs de la vie politique et judiciaire ivoirienne, alors que les débats sur la liberté d’expression, la responsabilité des acteurs des réseaux sociaux et la préservation de l’ordre public continuent d’alimenter les discussions dans le pays.
Lucien kouaho (stagiaire)


























