La gestion de l’ancien président du Conseil d’administration du Bureau Ivoirien du Droit d’Auteur (BURIDA), Gadji Céli, refait surface dans le débat public. Réunis le vendredi 29 mai 2026 au Centre culturel d’Abobo, à Abidjan, des sociétaires de l’institution ont exigé des explications sur la disparition présumée de deux milliards de francs CFA qui aurait été relevée dans un audit présenté aux artistes.
Conduits par l’acteur-comédien Akowé, porte-parole d’un collectif de sociétaires du BURIDA, les artistes ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une absence de clarification sur la gestion financière de l’institution durant la présidence de Gadji Céli, élu à la tête du Conseil d’administration en juillet 2009 avant d’être remplacé en juin 2011.
A lire aussi : BURIDA : Le Professeur Hien Sié prend officiellement les rênes de la direction générale par intérim
« Nous sommes des artistes membres du BURIDA et avons participé aux différentes assemblées générales qui ont suivi la crise que tout le monde connaît. Aujourd’hui, nous souhaitons que toute la lumière soit faite sur cette affaire », a déclaré Akowé lors de la conférence de presse.
Le porte-parole a rappelé qu’au cours des assemblées générales, les sociétaires avaient été informés d’une dette estimée à neuf milliards de francs CFA. Face à cette situation, de nombreux artistes avaient accepté de lourds sacrifices financiers afin de contribuer au redressement de l’institution.
« On nous a demandé d’abandonner une partie de nos droits d’auteur. Certains artistes ont même accepté que des créances qui leur étaient dues soient considérées comme perdues dans l’intérêt supérieur du BURIDA. Nous avons consenti ces efforts avec responsabilité pour sauver notre maison commune », a-t-il expliqué.
Selon Akowé, les sociétaires ont toutefois appris, à travers un audit présenté lors des assemblées générales, l’existence d’un déficit financier de deux milliards de francs CFA qui serait lié à la gestion de l’ancien dirigeant.
« Pendant que les artistes se serraient la ceinture pour sauver le BURIDA, il nous a été révélé qu’un trou financier de deux milliards de francs CFA serait lié à la gestion de Monsieur Gadji Céli. Aujourd’hui, il est de retour en Côte d’Ivoire et nous estimons qu’il doit s’exprimer publiquement sur cette question », a-t-il soutenu.
Les sociétaires ont insisté sur le fait que les sommes concernées représentent les revenus issus des droits d’auteur des artistes ivoiriens.
« Cet argent n’appartient ni à l’État ni à une personne privée. C’est l’argent des artistes ivoiriens. Beaucoup de créateurs vivent aujourd’hui dans des conditions précaires, sans assistance ni couverture sociale, alors que ceux qui ont géré notre argent ne rendent aucun compte », a dénoncé le collectif.
Les artistes ont également interpellé la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, afin qu’elle accompagne leurs démarches en faveur de la transparence et de la protection des créateurs.
« Nous lançons un appel à Madame la ministre. Nous avons besoin de son soutien afin que les préoccupations des sociétaires soient entendues et que la vérité éclate », a indiqué Akowé.
Le collectif a accordé un délai de trois jours à Gadji Céli pour répondre publiquement aux interrogations soulevées. À défaut, les sociétaires annoncent leur intention de saisir officiellement le Procureur de la République afin que des investigations soient menées.
« Nous demandons justice, vérité et respect pour les artistes de Côte d’Ivoire. Nous ne voulons plus voir nos collègues mourir dans l’indifférence faute de moyens pour se soigner ou vivre dignement de leur travail », a conclu le porte-parole.
À ce stade, aucune décision de justice n’a établi la responsabilité de Gadji Céli dans les faits évoqués. Un droit de réponse de l’intéressé permettrait d’assurer l’équilibre de l’information.
Karina Fofana

























