À quelques mois de la Coupe du monde 2026, les débats autour de la composition de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire continuent d’animer l’opinion sportive. Le consultant et observateur du football ivoirien Rash N’Guessan s’est exprimé sur la question du milieu de terrain des Éléphants dirigés par Emerse Faé, livrant une analyse nuancée mais critique sur les choix possibles du sélectionneur.
« Sans contester leur talent, ils sont tous bons », a-t-il d’abord tenu à préciser, en évoquant la qualité individuelle des joueurs pressentis. Il a notamment cité Franck Kessié comme exemple majeur de constance et de service rendu à la sélection nationale : « Franck Kessié, par exemple, depuis 2013, a porté haut le drapeau ivoirien en étant champion d’Afrique U17. Il est encore champion d’Afrique avec les seniors et a rendu beaucoup de services à la Côte d’Ivoire. »
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Cependant, au-delà des éloges, Rash N’Guessan estime que le choix du milieu de terrain doit être dicté par les exigences du très haut niveau mondial. Dans une formule imagée, il souligne : « Maintenant, si on dit qu’on va au Mondial pour contempler la Maison-Blanche, il n’y a pas de problème avec ce milieu de terrain. Mais si on y va pour la guerre, pour parler comme Faé, il faut d’autres joueurs. »
Selon lui, la problématique principale réside dans l’équilibre entre expérience et jeunesse. Il propose une répartition plus équilibrée du secteur médian : « Moi, j’aurais voulu avoir quatre jeunes frères pour deux anciens qui seraient là pour les encadrer. Donc, on pourrait avoir Kessié et Ibrahim Sangaré pour encadrer les jeunes, ou Kessié et Seko Fofana pour les encadrer. »
Pour le consultant, aligner uniquement des joueurs expérimentés dans l’entrejeu pourrait représenter un risque face à des adversaires au rythme élevé comme l’Allemagne ou l’Équateur : « Mais avoir quatre anciens dans ce milieu de terrain, quatre joueurs qui frappent déjà aux portes de la trentaine, moi je dis que c’est prendre un risque. Est-ce qu’on pourra suivre le rythme imposé par les Allemands lorsqu’on va les croiser ? Les Équatoriens également ? »
Malgré ses réserves, Rash N’Guessan insiste sur la qualité globale de l’effectif ivoirien, qu’il compare même à certaines grandes nations : « Sinon, ils sont tous bons. Et la seule chance que nous avons dans ce pays, c’est qu’à l’instar du Brazil national football team, nous avons des joueurs d’égale valeur. »
Il reconnaît également la complexité du travail du sélectionneur Emerse Faé, tout en appelant à une meilleure écoute des critiques extérieures : « Et le boulot de Faé, moi je pense qu’il est très, très difficile. Mais qu’il écoute un peu les imbéciles comme nous autres, le public, pour faire au moins un tri cohérent. »
Enfin, il conclut sur une note d’inquiétude constructive concernant l’équilibre du milieu de terrain : « Au niveau du milieu de terrain qui est notre maillon faible, essayer de donner un peu d’oxygène afin de permettre à ces enfants-là de mieux carburer. »
À l’approche du Mondial 2026, ces propos relancent le débat sur les choix tactiques et générationnels au sein des Éléphants, alors que la concurrence s’annonce particulièrement relevée sur la scène internationale.
Lucien Kouaho (stagiaire)
Fae Emerse : « Je vais vraiment pour gagner cette Coupe du Monde » – allbuzzafrica

























