Le monde de l’athlétisme s’est réveillé sous le choc après un marathon de Londres entré dans l’histoire. Dimanche, contre toute attente, le mythique mur des deux heures est tombé sur un parcours pourtant réputé moins rapide que ceux de Berlin, Chicago ou Valence.
Le grand artisan de cet exploit se nomme Sabastian Sawe. Le Kényan de 31 ans a remporté l’épreuve en 1 h 59 min 30 s, effaçant l’ancienne meilleure marque mondiale de son compatriote Kelvin Kiptum, auteur de 2 h 00 min 35 s en 2023. Une performance exceptionnelle qui fait entrer Sawe dans une nouvelle dimension.
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Mais la sensation du jour ne s’est pas arrêtée là. Derrière lui, l’Éthiopien Yomif Kejelcha a lui aussi franchi la ligne sous les deux heures en 1 h 59 min 41 s. Un résultat d’autant plus impressionnant qu’il disputait tout simplement le premier marathon de sa carrière.
Malgré cet exploit remarquable, Kejelcha est resté dans l’ombre du vainqueur. Le grand public, souvent en quête de nouvelles figures depuis la retraite de Usain Bolt en 2017, découvre désormais un nouveau nom appelé à marquer l’athlétisme mondial : Sabastian Sawe.
Contrairement à certaines légendes de la discipline comme Haile Gebrselassie, Kenenisa Bekele ou Eliud Kipchoge, Sawe ne s’est pas construit une renommée sur la piste avant de briller sur route. Originaire d’un milieu modeste de la vallée du Rift, il a grandi entre un père agriculteur à Cheukta et une mère ancienne sprinteuse.

Réservé à l’école, le jeune Sawe avait pourtant déjà attiré l’attention lors de petites compétitions locales. Son professeur, Julius Kemel, l’avait encouragé à exploiter ses qualités de vitesse afin de se bâtir un avenir loin des champs de maïs.
Le destin du champion semblait toutefois incertain. Après une blessure en 2020 et un passage peu concluant à Iten, haut lieu de l’athlétisme kényan, Sawe envisageait même une carrière dans la police.
Quelques années plus tard, il est devenu l’homme qui a fait tomber l’une des barrières les plus symboliques du sport mondial.
Lucien Kouaho (stagiaire)
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