Trois ressortissants sénégalais comparaissent devant la justice ivoirienne pour des faits présumés d’escroquerie et de blanchiment de capitaux, dans une affaire liée à un réseau assimilé à un système de type Qnet. Le parquet a requis une peine de 24 mois de prison, tandis que le verdict est attendu le 21 mai 2026.
Placés sous mandat de dépôt depuis le 30 juin 2025, Awa Ndiaye, Bruno Ndour et Sene Joseph ont comparu le jeudi 23 avril 2026 devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan. Ils sont poursuivis pour escroquerie portant sur des fonds numéraires et blanchiment de capitaux.
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Selon les éléments exposés à l’audience, leur interpellation fait suite à une dénonciation du consul du Sénégal en Côte d’Ivoire. Ce dernier aurait alerté les autorités sur l’existence d’un réseau structuré opérant à Songon, reposant sur un mécanisme souvent associé à des pratiques de marketing de réseau controversées.
D’après le parquet, le mode opératoire consistait à recruter des candidats, principalement au Sénégal, en leur promettant des opportunités d’emploi à Abidjan. Ces offres étaient conditionnées au paiement préalable de sommes d’argent. Une fois sur place, les recrues constataient l’inexistence des emplois annoncés.
À la barre, les prévenus ont tour à tour livré leur version des faits. Awa Ndiaye, titulaire d’un master en géographie, a expliqué avoir été approchée par un individu lui promettant un emploi dans le secteur de la restauration. Elle affirme avoir été ensuite contrainte de participer au système en recrutant à son tour d’autres personnes, avant de prendre conscience de la nature des activités. Elle a exprimé ses regrets devant le tribunal.
Bruno Ndour, ancien élève en classe de terminale, a déclaré avoir abandonné ses études pour saisir une opportunité commerciale qui ne s’est finalement jamais matérialisée. Se disant piégé, il explique ne pas avoir eu les moyens de regagner son pays d’origine.
De son côté, Sene Joseph, étudiant en master de sociolinguistique, a évoqué une promesse d’embauche dans une grande entreprise, restée sans suite. Tous trois affirment avoir été eux-mêmes victimes avant de se retrouver impliqués dans le réseau.
Un représentant de l’ambassade du Sénégal en Côte d’Ivoire, présent à l’audience, a indiqué que des réseaux frauduleux similaires ont été signalés dans plusieurs pays de la sous-région. Il a également rappelé les campagnes de sensibilisation menées pour prévenir ce type d’arnaques.
Estimant les faits constitués, le parquet a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement à l’encontre des trois prévenus. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, avec un verdict attendu le 21 mai prochain.
Par ailleurs, l’entreprise Qnet légalement constituée, spécialisée dans le commerce électronique et le marketing de réseau, est régulièrement citée dans des affaires d’escroquerie en Afrique de l’Ouest. Plusieurs réseaux frauduleux utilisant des méthodes similaires ont déjà été démantelés par les autorités judiciaires dans la région.
Karina Fofana

























