Dans un communiqué en date du 20 avril 2026, les avocats d’Aïcha Kamoise, de son nom civil Wete Aïcha, dénoncent les conditions d’interpellation et de détention de leur cliente, arrêtée le 17 avril 2026 à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Ils qualifient sa garde à vue d’« illégale ».
Dans la journée du 17 avril 2026, la communauté nationale et internationale apprenait l’interpellation de Dame Wete Aïcha « Aicha Nkamoise » à l’aéroport international de Yaoundé à Nsimalen.
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Conduite à la Direction de la Police Judiciaire du Centre à Yaoundé, nous apprendrons lors de son audition qu’une enquête est ouverte contre elle, pour les faits que les fins limiers de la Police Judiciaire du Centre n’ont pu qualifier.
Après son audition, Dame Wete sera informée qu’elle passera le week-end au sein des locaux de cette unité de la police, loin de ses enfants, de sa famille, en violation flagrante de la loi et sous le fallacieux prétexte d’une confrontation ce jour 20 avril 2026 avec les plaignants qui vivraient à Dubai.
En effet, faut-il le rappeler, la garde à vue au Cameroun est régie par les articles 118 et suivants du Code de procédure pénale.
Ainsi, l’article 118 (2) dudit code précise : « Toute personne ayant une résidence connue ne peut, sauf cas de crime ou de délit flagrant et s’il existe contre elle des indices graves et concordants, faire l’objet de mesure de garde à vue ». Dans la même perspective, l’alinéa 3 de ce même article précise : « En dehors des cas prévus aux alinéas (1) et (2) ci-dessus, toute mesure de garde à vue doit être expressément autorisée par le Procureur de la République ».
Or les faits reprochés à Dame Wete ne sont ni constitutifs de crime ou de délit flagrant. Plus grave encore, Monsieur le Procureur de la République compétent n’a jamais autorisé cette mesure de privation de liberté, toute chose violant tous les principes encadrant une bonne justice.
Comme si cela ne suffisait pas, dans ce moment de violence inouïe, une tentative d’extorsion des aveux par les plaignants dans cette affaire est de nature à faire penser que la justice, la nôtre, celle de la grande République du Cameroun serait aux ordres ; ce qui serait alors inexplicable.
Les mesures de pression dont Dame Wete Aïcha fait aujourd’hui les frais, ne sont que l’expression de la sempiternelle bataille entre le pauvre et le riche, le faible et le fort, le puissant et l’enfant d’extraction modeste. Il est pourtant du devoir de la justice, de veiller à l’équilibre.
A la réalité, rien ne s’oppose à ce que Dame Wete Aïcha soit libre durant cette procédure, tant il est vrai que dans notre pays, la liberté en matière pénale est le principe (Confère article 246 Code de procédure pénale). Sa garde à vue qui pourrait se transformer en mesure de détention provisoire est un coup de poignard supplémentaire à notre justice.
C’est surtout vrai, considérant que l’infraction de diffamation n’est punie que d’une peine d’emprisonnement de quelques mois.
Au regard de ce qui précède, nous annonçons à la communauté internationale, à la communauté cybernétique de Dame Wete Aïcha, que les autorités compétentes de notre pays ont été d’ores et déjà saisi aux fins de dénonciations de ces actes de violation de ses droits fondamentaux.
Nous vous reviendrons en temps opportun.
Fait à Douala, le 20 avril 2026
Me Djemeni Yannick
Avocat au barreau du Cameroun
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction
Affaire Aïcha Kamoise : Pas de libération ce 20 avril pour l’influenceuse, la raison – allbuzzafrica
























