Invité de l’émission ‘’Des choses à dire » animée par Edith Brou, Israël Guébo, entrepreneur média, expert en communication numérique et homme politique ivoirien, a livré une analyse sur le fonctionnement des chaînes de télévision et les réalités du métier d’animateur. Selon lui, l’expérience a montré qu’on n’a pas forcément besoin d’être journaliste pour être animateur.
Au cours de cet entretien, il a rappelé qu’une chaîne de télévision reste avant tout une entreprise soumise à des impératifs économiques. Selon lui, les investissements consentis dans ce secteur sont considérables, ce qui impose aux promoteurs de rechercher la rentabilité.
A lire aussi : Shan’L : «Je n’ai pas fait l’apologie des maîtresses…»
« Une chaîne de télévision est une entreprise destinée à gagner de l’argent. Quelqu’un a investi des millions, et parfois des milliards, dans sa chaîne de télévision ; ce n’est donc ni une ONG ni une fondation », a-t-il déclaré.
Pour Israël Guébo, la survie financière d’un média audiovisuel dépend largement de son audience. Plus une chaîne attire de téléspectateurs, plus elle devient attractive pour les annonceurs, principaux pourvoyeurs de revenus publicitaires.
« Pour gagner de l’argent, il faut de l’audience, parce que c’est l’audience qui permet d’aller vendre et défendre la chaîne de télévision auprès des annonceurs », a-t-il expliqué.
Dans cette logique, les responsables de chaînes privilégient naturellement les profils capables de séduire le public et de fidéliser les téléspectateurs. Le choix des visages présents à l’écran répond donc à des critères de performance et de popularité.
Cependant, Israël Guébo a tenu à préciser que la télévision ne se résume pas aux personnes visibles à l’antenne. Derrière chaque programme se trouve une équipe éditoriale composée de professionnels qui assurent la qualité du contenu diffusé. « À la télévision, il y a ce qu’on voit et il y a les gens de l’ombre ; il y a toute une équipe éditoriale derrière, donc le journalisme a toute sa place à la télévision », a-t-il souligné.
Évoquant les critiques récurrentes sur la présence de non-journalistes à l’animation, il estime qu’il s’agit d’un faux débat. À l’en croire, toutes les émissions disposent de rédacteurs en chef ou de superviseurs éditoriaux garants du sérieux du travail réalisé.
Israël Guébo a également invité les jeunes journalistes à élargir leurs perspectives professionnelles. Selon lui, se limiter au rôle d’animateur constitue une vision réductrice d’un univers médiatique riche en opportunités. « Je pense que nos jeunes amis journalistes devraient aussi songer à regarder vers d’autres métiers que celui d’animateur », a-t-il conseillé.
Il a enfin insisté sur le fait que l’animation repose aussi sur un talent naturel qui ne dépend pas toujours d’une formation journalistique.
« L’expérience a montré qu’on n’a pas forcément besoin d’être journaliste pour être animateur, car être animateur est un talent, et certains ont ce talent sans être journalistes », a conclu Israël Guébo, tout en rappelant que les télévisions continuent bel et bien d’embaucher des journalistes, même si tous ne se retrouvent pas à l’antenne.
Lucien Kouaho (stagiaire)


























