Yabré Juliette Kongo, promotrice du Musée de la femme de Kolgondiessé au Burkina Faso s’est exprimée sur la polygamie sur Savane TV. Elle affirme qu’il est préférable que les hommes épousent huit femmes plutôt que de laisser nos filles aller se prostituer.
Juliette Kongo a suscité le débat avec ses déclarations sur Savane TV sur la polygamie. Au Burkina Faso, ses propos continuent de faire réagir. Invitée sur la chaîne Savane TV, la promotrice culturelle a défendu la polygamie, estimant qu’elle pourrait constituer une solution face à certains défis sociaux.
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Au cours de son intervention, Juliette Kongo a affirmé qu’il serait préférable que les hommes épousent plusieurs femmes plutôt que de voir certaines jeunes filles se livrer à la prostitution. « Il est préférable que les hommes épousent huit femmes que de laisser nos filles traîner dans les rues la nuit en train de se prostituer », a-t-elle déclaré, ajoutant ne pas craindre de répéter cette position publiquement.
« C’est moi qui l’ai dit et je n’ai pas peur de le répéter. Préfères-tu être aujourd’hui la deuxième ou la troisième femme d’un monsieur ou d’être seule et puis chacun va abuser de toi ? Je préfère être la 14e ou la 20e que de rester dehors en électron libre et chacun va faire de moi ce qu’il veut. Je le refuse pour nos enfants. », a-t-elle ajouté.
Selon elle, la polygamie peut être perçue comme une alternative sociale dans certaines réalités africaines. Elle a notamment expliqué qu’elle préférerait être une coépouse plutôt que de vivre seule et exposée à des abus. Pour la promotrice du Musée de la femme de Kolgondiessé, cette vision s’inscrit dans une conception traditionnelle de la famille et de la société.
Interrogée sur les tensions que peut engendrer la polygamie entre coépouses, notamment en raison des préférences supposées du mari, Juliette Kongo a estimé que ces situations existent dans toutes les familles. « Même le papa, la maman qui t’a mise au monde si vous êtes huit enfants, la maman a un quel l’aime plus que les autres. Il faut qu’on apprenne à éduquer nos enfants de nos réalités africaines. », a-t-elle expliqué.
Elle a comparé ces dynamiques aux relations entre enfants d’une même fratrie, où certains peuvent être plus proches de leurs parents que d’autres. « Même le papa, la maman qui t’a mise au monde si vous êtes huit enfants, la maman a un quel l’aime plus que les autres. Il faut qu’on apprenne à éduquer nos enfants de nos réalités africaines. », a-t-elle cité en exemple.
L’intervenante a également appelé à un retour aux valeurs africaines traditionnelles, qu’elle juge parfois délaissées par les nouvelles générations. Allez au Sénégal là-bas, qui dit je ne veux pas être avec une coépouse. « Allez au Mali, c’est la même chose, même chez nous au Burkina ici. Ceux qui ont été éduqués de la vieille école n’ont aucun problème avec la polygamie. », a-t-elle indiqué.
Selon elle, l’influence des modèles occidentaux et le matérialisme seraient à l’origine de certaines tensions liées à l’héritage ou à la gestion des biens au sein des familles. « C’est vous la nouvelle génération « j’ai Bac plus combien ». C’est vous qui dites que si le monsieur décède, les biens me reviennent. Et si tu décèdes avant lui ? Les biens reviennent à qui ? C’est le matérialisme que les Occidentaux sont venus mettre dans la tête de nos populations africaines qui font qu’aujourd’hui qu’il y a beaucoup de problèmes », a fait savoir Kongo.
« Je prends le cas de notre famille qui parle d’héritage dans la famille royale ? Personne, parce que si un roi n’est plus, celui qui le succède devient le responsable de la famille. », a-t-elle relevé.
Enfin, Juliette Kongo a évoqué le déséquilibre démographique entre hommes et femmes, estimant que le nombre de femmes est supérieur à celui des hommes. Dans ce contexte, elle considère que l’acceptation de la polygamie pourrait, selon elle, contribuer à réduire certaines difficultés sociales. Pour elle, le bien reste commun, personne ne peut le dilapider comme il veut. « C’est cette éducation qu’on donnait avant. Aujourd’hui, on veut éduquer quelqu’un à être seule. Même quand tu meurs, tu meurs seule. », a-t-elle dit.
« Revenons à nos valeurs. Rattrapons ce qui est essentiel, même si on ne peut pas tout rattraper. Voyez-vous, le pourcentage de femmes est plus élevé que celui des hommes. Dans dix ans, les femmes vont se battre à cause des hommes. Il vaut mieux accepter la polygamie pour résorber un tant soit peu le surplus. », a invité Kongo.
Ces déclarations relancent une nouvelle fois le débat sur la place de la polygamie dans les sociétés africaines, entre traditions culturelles, évolutions sociales et aspirations des nouvelles générations.
Notons que la polygamie est légale et encadrée au Burkina Faso par le Code des personnes et de la famille (CPF), qui autorise un homme à épouser plusieurs femmes. L’option pour un régime monogamique ou polygamique doit être clairement déclarée lors de la célébration du mariage, et aucun changement d’option n’est autorisé par la suite.
Karina Fofana


























