Le verdict est tombé ce mercredi 4 mars 2026 dans l’affaire de l’agression de la TikTokeuse E.O.M.A, dite Aurélie Fadiga. La jeune femme avait été violemment prise à partie le jeudi 26 février 2026, aux environs de 20 heures, dans un salon de coiffure situé à Angré-Béssikoi, dans la commune de Cocody. Au terme du procès tenu au Tribunal de Première Instance de Bingerville, la justice a tranché. Les images de vidéosurveillance largement relayées sur les réseaux sociaux ont certainement permis de rétablir la vérité.
Les faits. Selon les éléments du dossier, Aurélie Fadiga s’était rendue dans le salon pour réclamer son dû après avoir réalisé des vidéos promotionnelles pour l’établissement. D’après les images devenues virales, la propriétaire aurait refusé de la rémunérer. La TikTokeuse aurait alors exigé la suppression des contenus publiés. Un refus qui aurait fait monter la tension.
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Très vite, les échanges verbaux ont dégénéré. Sur la vidéo, on aperçoit une altercation suivie de bousculades. La mère de la propriétaire du salon intervient à son tour. La situation s’envenime davantage : des coups sont portés, notamment à la tête de la jeune femme. Trois personnes s’en prennent à elle.
Les images, jugées insoutenables par de nombreux internautes, ont finalement joué un rôle clé dans l’établissement des responsabilités.
Interpellations et décision de justice
À la suite de la plainte déposée par la victime, le Commissariat de Police du 35e arrondissement de Cocody Riviera Palmeraie a procédé, le vendredi 27 février 2026, à l’interpellation de la propriétaire du salon, âgée de 26 ans, de sa mère, 47 ans, ainsi que d’une employée de 32 ans.
À l’issue du procès, la mère a été condamnée à deux ans de prison, dont un an ferme et un an avec sursis. La propriétaire du salon et son employée écopent chacune de trois mois de prison. Les trois prévenues devront également verser solidairement la somme de 1,5 million de francs CFA à Aurélie Fadiga à titre de dédommagement.
L’effet boomerang des vidéos
Initialement diffusées pour, selon certains, démontrer une prétendue responsabilité de la TikTokeuse, les images ont finalement produit l’effet inverse. Elles ont permis de clarifier le déroulé des faits et de mettre en lumière la violence exercée contre elle.
« Pensant retourner la situation, même dans cette partie Aurélie n’a pas tort. Que la police fasse son travail en demandant l’intégralité de la vidéo. Il ne faudrait pas qu’Aurélie accepte leur pardon, elles doivent aller réfléchir un peu », a commenté une internaute, Mariam Coul.
Dans cette affaire, les vidéosurveillance auront donc été déterminantes. Au-delà de l’émotion suscitée sur les réseaux sociaux, elles ont contribué à établir la vérité judiciaire et à rappeler que la diffusion d’images peut parfois se retourner contre leurs auteurs.
Karina Fofana


























