La chanteuse Mathey a rendu hommage à Boncana Maïga, décédé le samedi 28 février 2026 à Bamako au Mali. Selon une publication de Serge Pacôme Didi, Boncana a refusé de travailler avec la chanteuse car selon lui, elle n’était pas encore prête. « Il m’a dit d’aller apprendre à chanter », a-t-il rapporté.
La chanteuse ivoirienne Mathey a rendu un vibrant hommage au maestro Boncana Maïga, décédé le samedi 28 février 2026 à Bamako, au Mali. À travers un témoignage relayé par le journaliste Serge Pacôme Didi, l’artiste est revenue sur une rencontre marquante qui, loin de freiner son ascension, a été un véritable catalyseur pour sa carrière.
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« Il m’a dit d’aller apprendre à chanter »
Alors qu’elle venait de sortir son album Amah, Mathey nourrissait le rêve de collaborer avec celui qui était, à l’époque, une référence incontournable de la production musicale africaine. « Après la sortie de l’album Amah, je rêvais de travailler avec Boncana Maïga », confie-t-elle.
À cette période, le maestro travaillait avec de grandes figures de la musique ivoirienne telles que Aïcha Koné et Gadji Celi. Déterminée et soutenue par un producteur prêt à financer son projet, Mathey s’envole pour la France afin de le rencontrer au studio Harrison de Paris.
Après l’avoir écoutée attentivement, la réponse du maestro tombe : elle n’est pas encore prête. « Il m’a dit d’aller apprendre à chanter et que lorsque je serais prête, je reviendrais le voir. Il m’a aussi dit que j’étais encore jeune et qu’il ne fallait pas me presser », se souvient-elle.
Une remarque difficile à encaisser pour la jeune artiste, d’autant plus que Amah avait reçu un accueil favorable en Côte d’Ivoire. « J’étais toute découragée », avoue-t-elle.
La rencontre décisive avec Manu Lima
C’est pourtant à la sortie du studio que le destin bascule. Un homme l’aborde et lui demande si elle est artiste. Il s’agit de Manu Lima. Curieux d’en savoir plus, il lui demande d’écouter son album.
Le lendemain, le musicien la rappelle : il apprécie son travail et décide de collaborer avec elle. Il lui promet même de lui trouver une maison de production. Ce sera finalement la structure Lusafrica, dirigée par José da Silva, avec laquelle Mathey signera la production de deux albums : Clepo (1996) et Iyo (2000).
L’album Clepo connaît un immense succès. Des titres comme « Ameyatchi », « N’zoutiô » ou encore « Clepo » séduisent le public en Côte d’Ivoire, en Afrique et jusqu’aux Caraïbes.
Une reconnaissance mutuelle
Ironie du destin, le succès de Clepo amène plus tard Boncana Maïga à inviter Mathey au Mali pour participer à l’une de ses émissions. « Nous avons rigolé de cette histoire. Il m’a confié qu’il était lui-même surpris en écoutant l’album Clepo. Il m’a félicitée pour le travail abattu », raconte-t-elle.
Aujourd’hui, alors qu’elle prépare un concert célébration de la fête des mères prévu le 24 mai 2026, Mathey tient à saluer la mémoire de celui qu’elle considère comme un déclencheur dans son parcours.
« La critique de Boncana Maïga à mes débuts m’a boostée à donner le meilleur de moi-même. Il a été le canal par lequel j’ai croisé le chemin de Manu Lima et de Lusafrica. Si je n’avais pas été le voir, je n’aurais peut-être jamais rencontré Manu Lima », témoigne-t-elle, avant de conclure : « Puisse l’âme de ce grand maître de la musique reposer en paix. »
Karina Fofana


























