Simplice de Messé Zinsou, ancien président de l’Africa Sports d’Abidjan et ex-dirigeant de la CAF, est sorti exceptionnellement de son silence. Au micro du confrère Malik Eudy sur Global Africa Télésud, il s’est livré à cœur ouvert, revenant sur son parcours, les luttes internes à l’Africa Sports, ses regrets, ses choix assumés, ainsi que sa vision du football africain.
Entre confidences personnelles, anecdotes inédites et regard lucide sur la gestion des clubs, l’ancien dirigeant af firme une chose avec fermeté : pour lui, l’Africa et le football sont désormais des pages définitivement tournées. Monsieur Simplice de Messé Zinsou, vous avez longtemps été une figure centrale du football ivoirien et africain. Quel regard por tez-vous aujourd’hui sur le football, en pleine CAN 2025 ? On ne peut pas être après avoir été. J’ai pris une décision claire : j’ai quitté le football.
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Aujourd’hui, si je parle à votre micro, c’est vraiment une exception. Pour moi, le football est une affaire classée. C’est fini, fini. L’Africa Sports, c’est une page fermée. Je ne reviendrai plus dans cette affaire. Malgré cette décision, vous acceptez de revenir sur votre par cours. Pourquoi ? J’avais décidé de ne plus en parler, mais vous insistez beaucoup. Alors j’en parle avec sérénité, sans passion ni aigreur. J’ai donné ce que je pou vais donner au football et à l’Africa.
Aujourd’hui, cela appartient au passé. Justement, quel sentiment vous inspire aujourd’hui la situation de l’Africa Sports d’Abidjan ? J’ai vu que c’était devenu compliqué. À un moment, je me suis dit : « Bon mon petit, tu as donné au football, maintenant l’Africa, on va en parler autrement. » J’ai dû me battre à l’intérieur contre des forces de déstabilisation qui m’ont fini par me pousser à abandonner. C’est cela la vérité. Vous parlez de combats internes. Avez-vous des regrets ? Oui, bien sûr. J’avais réuni autour de moi de jeunes cadres dynamiques, passionnés. Mais je n’avais pas imaginé que certains deviendraient des obstacles à mon projet. E
n même temps que je voulais développer le club, je devais me battre de l’intérieur. C’était épuisant. Vous avez souvent cité l’ASEC d’Abidjan comme un modèle… Oui. L’ASEC est un club qui a su bâtir une vision durable. Moi, je n’ai pas pu le faire à l’Africa. Les contextes étaient différents, les stratégies aussi. À l’Africa, la stabilité était difficile à maintenir. Parlons football pur. Quel joueur local vous a le plus marqué ? Sans hésiter : Pascal Miezan. Un joueur formidable, un garçon extraordinaire, un grand meneur de jeu. C’était mon capitaine. On raconte aussi une anecdote autour de Ben Badi… (Rires) Oui, j’ai essayé de le recruter de l’ASEC pour l’Africa.
On était chez moi, sur la terrasse face à la lagune Ébrié. Mon personnel m’a trahi, ils ont tout raconté à ma femme. Elle est venue me voir et m’a dit : « Imagine si on voulait recruter Pascal Miezan à l’ASEC… » Ça m’a refroidi. J’ai abandonné l’idée. (Rires) Votre politique de recrutement allait aussi au-delà des frontières… Absolument. Le Nigeria était une vraie mine de talents. Des joueurs comme Rachid Yekini ou Thomson Olia ont marqué l’histoire. Je me dé plaçais beaucoup, à Abidjan comme à l’étranger, pour voir des matchs et détecter des talents. L’Africa Sports est donc définitivement derrière vous ?
Définitivement. Mais je souhaite que d’autres dirigeants ivoiriens prennent le relais avec passion, rigueur et vision. Le football ivoirien et africain a un potentiel immense. Il faut des hommes capables de le porter avec engagement et intégrité.
Extrait entretien sur Global Africa Télésud
Le sportif
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction


























