La chanteuse ivoirienne Yilim, de son vrai nom Djédjé Zerehoué Yilim Ozoua, s’est exprimée sans détour sur les commentaires récurrents attribuant sa progression musicale à l’influence de son frère aîné, le rappeur Didi B. Dans une déclaration empreinte d’émotion et de franchise, l’artiste a tenu à rétablir ce qu’elle considère comme une vérité souvent déformée.
Yilim reconnaît d’emblée le rôle important joué par son frère dans sa vie personnelle. « Dans mon parcours de vie, que j’ai déjà expliqué, il faut savoir que mon frère a toujours été présent. C’est lui qui m’a offert ma première télévision à écran plasma. Il a toujours été là pour me donner 5 000 ou 10 000 FCFA », confie-t-elle. Un soutien d’autant plus significatif, souligne-t-elle, que celui-ci traversait lui-même des moments difficiles. « Pourtant, lui aussi traversait une période très difficile, il était également dans une situation de crise. Mais malgré tout, il a toujours été présent à chaque étape de ma vie. »
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Depuis le décès de leur mère, ce lien s’est encore renforcé. « Il m’a dit : “Je vais veiller sur toi, je serai toujours là pour toi.” » Pour la chanteuse, la présence d’un frère qui a réussi dans le milieu musical représente une bénédiction, mais ne garantit pas le succès. « Quand tu évolues dans une carrière musicale, c’est une grâce d’avoir quelqu’un qui a réussi. Mon frère a réussi à s’imposer, mais ce n’est pas quelqu’un qui va te tirer vers le haut si tu ne mérites pas d’y être. Chez nous, tu dois mériter ce que tu obtiens », insiste-t-elle.
Selon Yilim, le rappeur peut faciliter certaines opportunités, mais il reste exigeant. « Il peut t’aider à faire certaines rencontres, mais il y a aussi des rencontres qu’il ne te permettra pas d’avoir, parce qu’il sait que tu n’as pas encore atteint ce niveau », explique-t-elle, ajoutant qu’il lui arrive même de participer aux mêmes événements que lui sans bénéficier d’une quelconque présentation à ses contacts.
L’artiste tient donc à clarifier un point essentiel : « Mon frère a toujours été là pour moi, mais ce n’est pas lui qui ouvre les oreilles des gens pour qu’ils m’écoutent. En revanche, il essaie toujours de me montrer la voie du travail. » Elle affirme assumer pleinement son parcours et les efforts fournis pour progresser. « Je sais ce que je fais et ce que j’ai à faire pour franchir les étapes. »
Face aux critiques, Yilim rappelle également leur passé commun, marqué par les épreuves. « Il y a dix ans, personne n’aurait dit cela. Nous n’étions pas du tout regardés à l’époque. Les gens se limitent à ce qu’ils voient aujourd’hui, en oubliant que nous sommes passés par des étapes. »
Aujourd’hui indépendante, la chanteuse affirme subvenir seule à ses besoins. « Je vis seule, je paie mes factures, je suis totalement indépendante. J’ai appris à m’accomplir sans l’aide directe de mon grand frère », affirme-t-elle, tout en assumant les attentions qu’il continue de lui offrir.
En conclusion, Yilim se dit reconnaissante, mais ferme sur sa légitimité artistique. « Quand nous étions en train de souffrir, personne ne nous a aidés. Donc les commentaires du genre “c’est grâce à lui”, franchement, ça, c’est entre eux… et eux-mêmes. » Une mise au point claire qui souligne sa volonté d’être reconnue avant tout pour son talent et son travail.
Lucien Kouaho (stagiaire)
























