Après plus de deux décennies de carrière marquées par des hauts éclatants et des périodes d’ombre, Disiz a signé un retour triomphal en étant sacré artiste masculin de l’année lors des Victoires de la musique, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 février 2026. Une consécration qui vient couronner une renaissance artistique amorcée en 2025, notamment grâce à son duo remarqué avec Theodora.
Révélé au début des années 2000 avec le titre explosif « J’pète les plombs », Disiz s’était imposé comme une figure marquante du rap français avant de traverser une période plus discrète. Mais fidèle à son identité artistique singulière, il a su surprendre son public en revenant avec « Melodrama », une chanson pop mélancolique aux accents rétro, évoquant la rupture et les blessures intimes. Dans ce morceau, devenu incontournable, il chante : « Il pleut de l’eau javel / Ça fait de l’aquarelle / Sur les couleurs de la vie sans elle », aux côtés de Theodora, révélée en 2025.
A lire aussi : Ablidê Festi 2026 Facobly : La 9e édition placée sous le signe du patrimoine et du digital officiellement lancée à Yopougon

Ce titre phare a contribué à remettre sous les projecteurs le rappeur-chanteur et son 14e album studio, « On s’en rappellera pas », un projet plus introspectif où le chant prend souvent le pas sur le rap. À 47 ans, l’artiste prouve qu’il est encore capable de se réinventer et de séduire une nouvelle génération. Le succès est au rendez-vous : il a récemment enchaîné six concerts à guichets fermés à l’Olympia de Paris.
Né Serigne M’Baye Gueye, Disiz a grandi en région parisienne, à Évry, dans le quartier des Épinettes.
Adolescent passionné, il découvre le rap en écoutant des groupes emblématiques comme NTM et IAM, qui nourrissent ses rêves de carrière musicale. « J’écrivais, je m’imaginais être une star du rap », confiait-il au média Konbini.
Ses débuts dans le groupe Rimeurs à gages, puis son premier projet sorti en 1999, attirent rapidement l’attention. Sous le nom de Disiz La Peste, il rejoint le collectif One Shot et participe à la bande originale du film Taxi 2. Mais c’est en 2000 que sa carrière explose véritablement avec « J’pète les plombs », portrait poignant d’un homme au bord du gouffre.

Malgré ce succès fulgurant, la suite est plus difficile. En quête de sens et d’inspiration, il part au Sénégal, pays de ses origines, où il poursuit son exploration artistique.
Aujourd’hui, cette distinction aux Victoires de la musique consacre le parcours d’un artiste atypique, qui a su traverser les épreuves et se réinventer sans jamais renier sa sensibilité. Une renaissance qui confirme que, dans la musique, la sincérité et la persévérance finissent toujours par trouver leur récompense.
Lucien Kouaho (stagiaire)


























