Tiken Jah Fakoly est monté au créneau pour exprimer ses préoccupations face à l’évolution politique dans les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans une déclaration récente, l’artiste a affirmé que son principal espoir demeure l’organisation d’élections afin de garantir une légitimité démocratique aux dirigeants actuels.
« Mon espoir, c’est que les dirigeants de l’AES aillent aux élections et qu’ils les remportent. Ainsi, ils pourront parler avec tout le monde en toute légitimité », a-t-il déclaré.
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L’auteur de Plus rien ne m’étonne estime que la situation actuelle contribue à accentuer les divisions internes au sein des sociétés sahéliennes. Selon lui, au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les opinions divergentes sont de plus en plus assimilées à un manque de patriotisme.
Il déplore notamment une polarisation de l’opinion publique, où le soutien aux autorités militaires devient un critère d’appartenance nationale. « Si vous soutenez les militaires, vous êtes un bon Malien. Si vous êtes contre, vous devenez apatride, faux patriote, voire ennemi », a-t-il illustré, soulignant que des dynamiques similaires existent autour du capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso et des autorités au Niger.
Un soutien initial devenu critique
L’artiste reconnaît avoir, dans un premier temps, soutenu les transitions militaires, qu’il percevait comme des étapes vers un retour à l’ordre constitutionnel.
Il rappelle avoir rencontré le président burkinabè Ibrahim Traoré et exprimé publiquement son appui, dans l’espoir que ces transitions débouchent sur des élections libres permettant aux peuples malien, burkinabè et nigérien de choisir leurs dirigeants.
Cependant, il affirme avoir changé de posture lorsque la perspective électorale s’est éloignée.
« Lorsque ce chemin a été abandonné (…) je ne pouvais plus rester silencieux », a-t-il expliqué, critiquant les décisions prises sans consultation populaire élargie.
Refus d’un alignement politique
Face aux attentes de certains soutiens des régimes militaires, qui espéraient le voir défendre sans réserve les dirigeants comme Assimi Goïta ou Abdourahamane Tiani, Tiken Jah Fakoly revendique son indépendance.
« Je fais du reggae. Mon rôle, c’est de tenir compte de tout le monde, d’être impartial et de dire ce que je pense », a-t-il affirmé.
L’artiste dit également avoir été surpris par les critiques virulentes de certains fans après avoir dénoncé des restrictions à la liberté d’expression dans certains pays de l’AES.
« La voix des sans-voix »
Rejetant toute accusation de parti pris, le chanteur insiste sur la constance de son engagement.
« Dans l’esprit de certains, Tiken Jah devait être uniquement la voix de l’AES. Mais moi, je suis aussi, et surtout, la voix des sans-voix », a-t-il conclu.
Par cette prise de position, la figure majeure du reggae africain réaffirme son attachement aux principes démocratiques et à la liberté d’expression dans un contexte régional marqué par des transitions politiques prolongées.
Karina Fofana
Affaire élection présidentielle 2025 : Serge Kassy répond à Tiken Jah – allbuzzafrica
























