Kouto, dans la région de la Bagoué au nord de la Côte d’Ivoire, a vibré jeudi 5 février 2026 au rythme de la première journée de la troisième édition du Festival du Porlahla, un rendez-vous culturel désormais bien ancré dans le calendrier national. Devant une mobilisation estimée à environ 5 000 personnes, venues de plusieurs localités de Côte d’Ivoire et de délégations étrangères, la cérémonie d’ouverture a mis en lumière la richesse du patrimoine sénoufo et la volonté d’ouvrir les traditions au monde, en cohérence avec le thème de cette édition, « Nos racines, nos ailes ».
Représentant le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, haut patron du festival, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a prononcé le discours d’ouverture. Elle a transmis les salutations et les excuses du Vice-Premier ministre, attendu pour la cérémonie de clôture prévue le samedi 7 février 2026. S’adressant aux autorités administratives et politiques, aux universitaires, aux chefs traditionnels, ainsi qu’aux délégations venues notamment de Chine, des États-Unis, du Burkina Faso, du Mali, du Togo, du Bénin, du Ghana et du Sénégal, elle a inscrit le festival dans la dynamique nationale de valorisation du patrimoine.
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« Nos racines sont notre socle identitaire, notre mémoire collective. Nos ailes sont cette capacité à nous projeter, à innover et à ouvrir nos cultures au monde », a-t-elle déclaré, soulignant que culture et tourisme constituent des leviers de cohésion sociale, de créativité et de développement. Elle a également salué l’engagement de Koné Dossongui, fils et cadre de Kouto, commissaire général et promoteur du Porlahla, pour une vision présentée comme le fruit de plusieurs décennies d’engagement en faveur de la transmission culturelle.
Prenant la parole, Koné Dossongui a insisté sur l’importance de l’enracinement culturel. « Il faut explorer sa culture, explorer les valeurs que véhiculent notre culture. Il faut connaître sa culture pour pratiquer sa culture. (…) Chez nous ici, pour monter, il faut descendre jusque dans les profondeurs », a-t-il affirmé, invitant les festivaliers à échanger avec les détenteurs des traditions tout au long du festival.
La cérémonie d’ouverture a débuté par des libations et des bénédictions d’imams et d’un pasteur, avant l’intervention de l’orchestre philharmonique et l’exécution de l’hymne du Porlahla. Les allocutions du maire de Kouto, du président du comité d’organisation et de membres du gouvernement ont précédé la présentation officielle des délégations.
Masques, danses et troupes internationales à l’honneur
Les prestations artistiques et rituelles ont ensuite occupé le devant de la scène. Les grands masques de Ndéou et de Kouto, accompagnés de la chorale des Sadiobi de Nédou, ont ouvert la séquence culturelle, suivis des masques Dégra de Wora et de la troupe Saplo de Douafla (Zuenoula). Des troupes étrangères ont également marqué cette journée, notamment les Dogon du Mali, une troupe chinoise, les Zulu d’Isxaxa SaseMzanzi, les Zangbéto du Bénin et les Bassar du Togo. Les danses locales, dont le N’goron de N’dara et la parade des initiés de Lawôlokaha, ont illustré la vitalité des traditions du nord ivoirien.
Plusieurs membres du gouvernement ont pris part à cette première journée, dont Adama Diawara, Souleymane Diarrassouba, Maître Adama Kamara, Djibril Ouattara et Ibrahim Khalil Konaté, aux côtés d’élus, de cadres de la Bagoué et de populations venues notamment de Ferkessédougou, Boundiali, Kolia, Mbengué, Sinématiali, Korhogo et Zuenoula.
Par la diversité des expressions culturelles présentées et la présence de délégations étrangères, cette première journée du Porlahla confirme la dimension interculturelle du festival, qui se veut à la fois espace de transmission des valeurs sénoufo et plateforme de dialogue entre les peuples. Le rendez-vous se poursuivra jusqu’à la clôture prévue samedi 7 février 2026, en présence du Vice-Premier ministre, marquant la continuité d’un événement qui ambitionne d’inscrire durablement Kouto sur la carte des grandes destinations culturelles.
Djabiga Soro

























