Le consultant de Canal+ Philippe Doucet n’a pas mâché ses mots en analysant le visage actuel de la sélection tunisienne. Dans une sortie sans détour, l’ancien journaliste sportif a livré une lecture critique de l’ADN footballistique des Aigles de Carthage, qu’il juge trop prudente, trop calculatrice et peu tournée vers la recherche de l’excellence, malgré des résultats réguliers sur la scène continentale.
À la question de savoir si la Tunisie l’a déjà fait rêver en Coupe d’Afrique des nations, Philippe Doucet répond sans hésitation : « Jamais. Non, jamais. » Pour lui, la sélection tunisienne incarne une équipe régulière, disciplinée et structurée, mais dont le jeu manque de panache et d’audace. « La Tunisie, c’est vraiment l’équipe qui joue avec le frein à main », affirme-t-il, soulignant une tendance à gérer les matchs dans une logique purement comptable.
A lire aussi : Philippe Doucet : « La Côte d’Ivoire a changé le regard de plusieurs Européens sur la CAN »
Selon le consultant, cette approche se traduit souvent par une stratégie minimaliste. Lorsque la Tunisie ouvre le score, elle se contente de défendre son avantage, sans chercher à enfoncer le clou. Et lorsque l’adversaire revient à égalité, elle « s’accroche, ne prend aucun risque et attend les tirs au but ». Une philosophie de jeu qui, bien que pragmatique, frustre les amateurs de football offensif et spectaculaire.
Philippe Doucet reconnaît néanmoins la constance de la Tunisie dans les grandes compétitions africaines. « Elle atteint les quarts de finale presque à chaque fois », rappelle-t-il, notant que la sélection tunisienne est rarement éliminée dès le premier tour. Cette régularité témoigne d’une certaine solidité structurelle, mais révèle aussi, selon lui, un plafond de verre que la Tunisie peine à briser.
Pour expliquer cette limite récurrente, le consultant pointe du doigt un problème plus profond, qu’il qualifie de « logiciel à changer ». À ses yeux, les entraîneurs tunisiens s’inscrivent souvent dans un même moule, privilégiant la prudence à l’audace, la sécurité au dépassement de soi. « Ils ne poussent pas vers l’excellence », déplore-t-il, estimant que cette mentalité freine l’émergence d’une équipe capable de rivaliser durablement avec les meilleures nations africaines.
En conséquence, la Tunisie, fidèle à son ADN, « s’éteint doucement lorsque la marche devient trop haute ». Une critique sévère, mais qui se veut aussi un appel à la remise en question. Pour Philippe Doucet, seul un changement de philosophie, plus ambitieuse et tournée vers l’offensive, permettra aux Aigles de Carthage de transformer leur régularité en véritables conquêtes continentales et de retrouver une place de choix dans le cœur des passionnés de football africain.
Lucien Kouaho (stagiaire)
























