Naya Jarvis Zamblé, députée-Maire de Gohitafla s’est prononcé sur la polygamie. Elle invite les uns et les autres à aborder le sujet de manière objective, loin des émotions.
L’un des problèmes majeurs que nous rencontrons aujourd’hui est cette tendance à réduire l’actualité et le droit à des concepts purement théoriques, souvent déconnectés des réalités profondes de notre pays. Trop d’analyses restent confinées aux zones urbaines, ignorant les défis quotidiens de la majorité de nos populations vivant en zones rurales.
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Or, la Côte d’Ivoire profonde vit des réalités sociologiques que beaucoup ignorent ou ne maîtrisent pas.
Cela fait maintenant plus de 8 ans que je côtoie quotidiennement les femmes du monde rural. J’ai vu, écouté et partagé la vie de ces mères et de ces sœurs qui vivent dans des foyers sans véritable statut juridique. Ce sont des femmes qui sacrifient leur vie, leur santé et parfois leur dignité, souvent sans aucune reconnaissance ni protection légale.
Ces femmes, qui sont souvent des deuxième ou troisième « épouses », n’ont pas de télévision, pas de téléphones Android et encore moins de connexion internet pour suivre des débats qui se font sans elles. Pourtant, elles font partie intégrante de notre nation et méritent que l’on s’arrête sur leur situation avec humanité et pragmatisme.
J’invite donc chacun à prendre du recul et à aborder le sujet de la polygamie de manière objective, loin des émotions. Le rôle de la loi et de la représentation nationale est aussi de protéger les plus vulnérables, notamment celles qui n’ont pas eu la chance de faire de longues études comme nous, mais dont les préoccupations sont vitales.
En tant que députée, mon rôle est de porter la voix de tous ceux qui m’ont élue devant l’Assemblée nationale. Personne n’est en mesure de nous dicter quels débats nous devons mener ou non pour le bien-être des populations que nous représentons.
Honorable Naya Jarvis Zamble
Députée-Maire de Gohitafla
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction
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