La cérémonie de libation du Djidji Ayokwè Kabato a eu lieu ce lundi 23 février 2026 au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac en France, en présence des représentants de la Chefferie et de la communauté Bidjan. À l’occasion, l’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire auprès de la République Française et de la Principauté de Monaco, Maurice Bandaman a fait savoir que c’est plus de 10 mille biens culturels de la Côte d’Ivoire qui sont dans le monde.
La cérémonie de libation du Djidji Ayokwè Kabato s’est tenue ce lundi 23 février 2026 au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, en présence des représentants de la chefferie et de la communauté Bidjan.
À cette occasion, Maurice Bandaman, a livré une déclaration forte sur l’ampleur du patrimoine culturel ivoirien conservé à l’étranger.
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Selon lui, ce sont aujourd’hui plus de 10 000 biens culturels ivoiriens qui se trouvent hors du territoire national.
« Dans ce Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, nous avons des milliers de biens appartenant à la Côte d’Ivoire. C’est plus de 10 000 biens culturels de la Côte d’Ivoire qui sont dans le monde, notamment en France, en Belgique, en Allemagne et en Suisse. Ici, au Quai Branly, nous avons près de la moitié », a-t-il indiqué.
L’ambassadeur a précisé qu’un travail de recensement a été mené afin d’identifier les objets susceptibles d’être restitués et accueillis dans les institutions muséales ivoiriennes.
« Nous avons demandé à nos équipes de nous dresser une liste de biens qui peuvent être accueillis dans notre musée. L’équipe de Madame Kassy a dressé une liste de 148 biens qu’elle a soumis à l’appréciation du ministre que j’étais », a-t-il expliqué.
Parmi ces biens, le Djidji Ayokwè s’est rapidement imposé comme une priorité en raison de sa portée historique et symbolique.
« En regardant ces biens, nous avons estimé que le Djidji Ayokwè devrait être le premier à venir parce qu’il a une histoire. De tous les biens qui ont été arrachés pendant la colonisation, il fait partie des tout premiers en 1916 », a rappelé Maurice Bandaman.
Le diplomate a insisté sur la dimension politique et résistante de cet instrument traditionnel. Le Djidji Ayokwè, tambour sacré des Bidjan les sept villages constitutifs d’Abidjan était utilisé comme outil de mobilisation.
« C’était un tambour de la résistance, de l’appel au combat. À l’époque des travaux forcés, sa sonorité, audible à plus de 20 kilomètres, permettait d’appeler les populations à se mobiliser pour résister. C’était un tambour de guerre », a-t-il souligné.
C’est précisément en raison de ce rôle dans la résistance que l’objet avait été saisi par les forces coloniales.
« C’est parce qu’il appelait à la résistance qu’il a fait l’objet d’une saisie militaire par les forces coloniales », a conclu Maurice Bandaman.
Cette cérémonie marque ainsi une étape symbolique dans le processus de reconnaissance et de restitution du patrimoine culturel ivoirien dispersé à travers le monde.
Karina Fofana

























