Le Mali est en deuil, le monde aussi. Selon des sources maliennes, l’artiste Amadou Bagayoko, moitié du mythique duo Amadou et Mariam, est décédé ce vendredi 4 avril 2025, à l’âge de 71 ans. Une disparition qui laisse un vide immense dans le paysage musical africain et mondial.
Né en 1954 à Bamako, Amadou Bagayoko était plus qu’un musicien. Il était une icône, une voix, une guitare, un pont entre les cultures. Non-voyant depuis l’adolescence en raison d’une cataracte congénitale, il n’a jamais laissé le handicap définir ses limites. Avec son épouse et partenaire artistique Mariam Doumbia, également non-voyante, il a conquis la scène internationale avec une musique à la croisée des traditions maliennes et des sonorités contemporaines. Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia font connaissance en 1977 à l’Institut des jeunes aveugles de la capitale malienne.
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Leur succès planétaire s’est dessiné à travers des titres emblématiques comme “Je pense à toi”, “Dimanche à Bamako” ou “Sabali”, des morceaux mêlant douceur, engagement et énergie, portés par des textes sincères et des mélodies envoûtantes. Leur complicité, à la scène comme à la ville, a séduit les cœurs bien au-delà du continent.
Tout au long de sa carrière, Amadou Bagayoko n’a cessé de faire rayonner le Mali. Avec Mariam, il a partagé la scène avec des légendes comme Manu Chao, Damon Albarn ou encore Coldplay. Le duo s’est produit dans les plus grands festivals, du Coachella au Montreux Jazz Festival, devenant des ambassadeurs incontournables de la musique africaine.
Sa disparition marque la fin d’une époque, mais son héritage musical, lui, restera intemporel. Le Mali pleure l’un de ses fils les plus lumineux. L’Afrique, l’un de ses porte-voix les plus puissants.
Karina Fofana