Les lampions se sont éteints le samedi 28 mars 2026 sur la 5e édition du Kalieh festival de Dianra. Le Professeur Nanourougo Coulibaly, commissaire général estime que le bilan est satisfaisant. Pour l’édition 2027, il prévoit un grand défilé de tous les bois sacrés du pays Gbatô lors du lancement officiel à Dianra.
Après plusieurs jours de festivités entamés depuis le 26 mars avec une ouverture officielle à Gbatosso, quel bilan global la municipalité dresse-t-elle de cette 5e édition du Kalieh Festival ?
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Nous avons lancé la 5e édition du Kalieh festival le 26 mars 2026, elle s’est terminée par la nuit des arts et du spectacle au foyer polyvalent de Dianra. Nous sommes globalement satisfait du déroulement de l’évènement. Le premier niveau d’évaluation, c’est la capacité à exécuter tout ce qui avait été programmé. Mais tout ce qui avait été programmé a été exécuté, mieux nous avons même innové le jeudi 26 mars soir avec une activité qui n’était pas au programme à laquelle nous avons pu participer. Donc c’est une satisfaction assez globale et je me félicite de ce que tout se déroule très bien. En termes de participants, nous avons eu des participants venus de divers horizons.

La “Nuit des arts” marque l’apothéose de cette édition. En quoi cet événement contribue-t-il, selon vous, à la valorisation du patrimoine culturel Gbatô et au rayonnement de Dianra ?
Le principe du Kakieh festival c’est l’itinérance. On ne reste pas dans un endroit et faire venir les gens. On se déplace pour vivre les activités sur les sites. C’est une des particularités de notre festival qui en fait à la fois un évènement culturel mais un circuit touristique. L’impact est qu’il y a une mobilisation générale. Dans la localité de Faraba qui n’avait pas encore été visitée, la population nous a maintenu toute la journée.
Elle voulait même créer un évènement pour meubler la soirée. On a dû s’excuser en promettant une autre séance pour une autre année qui sera exclusivement réservée à la culture touristique. Les gens adhèrent totalement au projet. Ils se reconnaissent dedans parce qu’il vient occuper une place vacante. En termes d’activité de promotion culturelle, nous n’en n’avions pas ici.
Au regard de l’engouement observé dans les différentes localités parcourues par le festival, quelles perspectives le conseil municipal de Dianra envisage-t-il pour renforcer davantage son impact culturel, touristique et économique dans les années à venir ?
C’est un gros challenge. Il y a un aspect sur lequel on communique pendant que l’autre est toujours maintenu secret. Le principe des rites initiatiques fonctionne ainsi. Une dimension exotérique et une dimension ésotérique. Nous mettons l’accent sur l’exotérique qui est accessible au grand public, qui est festif ; ce qui rentre dans le cadre de l’animation culturelle. A ce niveau, il y a beaucoup de difficultés quand il y a des soupçons de résistances. Mais à partir d’échanges avec les populations on parvient à trouver une ligne d’action qui permet de préserver ce qui doit l’être et d’ouvrir ce qui peut l’être. Donc ce sont des négociations, ce sont les discussions, c’est de la communication, de la sensibilisation que nous faisons pour faire avancer les choses.
Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté dans le cadre de l’organisation du Kalieh festival ?
L’une des difficultés, c’est l’adaptabilité. En effet, il faut toujours chercher à le faire. Notre principe d’action c’est de ne jamais perdre de vue notre objectif. L’objectif étant fixé, on se donne les moyens pour les atteindre. La grosse difficulté c’est les ressources. En général, l’action culturelle demande des mécènes.
Nous encore avons l’avantage d’avoir un protecteur en la personne du ministre Dossongui Koné, qui est un mécène, qui appui les arts, qui est le protecteur du Kalieh festival, qui appui toutes les initiatives artistiques. C’est un privilège qui nous permet d’exister et d’avancer. Je profite de l’occasion pour remercier le ministre Dossongui Koné ainsi que tous les autres partenaires.
Quelles sont vos ambitions et perspectives ?
En termes d’événement international, nous avons des invités brésiliens qui sont venus cette année. L’Europe de l’ouest était prévue à cette 5e édition mais il y a eu quelques difficultés mais l’année prochaine on fera tout pour qu’elle soit présente. Nous avons toujours voulu faire venir un peuple qui n’est pas de notre localité, notamment les Atchan qui ont une culture initiatique. Jusque là nous n’avons pas pu le faire. C’est un défi qu’on doit relever.

Pour l’année 2027, ce que nous envisageons est beaucoup plus énorme. En septembre 2026 les nouveaux initiés entrent dans le bois sacré, il y aura un renouvellement de classe d’âge ainsi qu’un renouvellement de danses et de rites initiatiques. Donc nous prévoyons un grand défilé de tous les bois sacrés du pays Gbatô. Le lancement officiel devra se tenir à Dianra. Nous envisageons de trouver une place des arts à Dianra. Nous discuterons avec le conseil municipal sur la question.
L’année prochaine la nuit artistique sera entièrement consacrée au N’Goron. Tous les N’Goron de la localité viendront prester cette nuit. Les défis sont énormes nous demandons des soutiens pour pouvoir les réaliser.
Quel appel avez-vous à lancer ?
Je remercie tous les festivaliers, les partenaires et le protecteur du Kalieh festival, le ministre Dossongui Koné grâce à qui nous avançons. Merci au grand chancelier de l’Ordre National qui facilite le déroulement du Kalieh festival.
Karina Fofana
























