Une journaliste de France Télévisions, Linh-Lan Dao, accuse le rappeur Booba de l’avoir exposée à une campagne de haine en ligne après des messages publiés sur le réseau social X. Les faits ont été évoqués mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris, où le parquet a requis une peine de huit mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende contre l’artiste.
Selon la journaliste, le rappeur l’aurait « jetée en pâture » à sa communauté numérique forte de plus de six millions d’abonnés. Cette prise de position aurait déclenché, d’après elle, plusieurs semaines de cyberharcèlement marqué par des messages à caractère sexiste, raciste et transphobe.
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L’affaire trouve son origine dans un article de fact-checking scientifique publié par Linh-Lan Dao. Dans ce travail, la journaliste dénonçait ce qu’elle qualifiait de « dérive complotiste » de Booba, après que celui-ci a évoqué un possible lien entre les vaccins contre le Covid-19 et la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Après les publications du rappeur en janvier 2024, la journaliste affirme avoir subi une vague d’attaques en ligne ayant eu des répercussions sur sa vie personnelle et professionnelle.

Devant la juridiction, la procureure Quitterie Cesari a requis, outre la peine de prison avec sursis et l’amende, l’obligation pour l’artiste de suivre un stage de lutte contre la haine en ligne. Le parquet estime que les messages publiés par Booba ont contribué à alimenter le harcèlement visant la journaliste.
Âgé de 49 ans et installé aux États-Unis, Booba ne s’est pas présenté à l’audience, invoquant des raisons de santé. Il a demandé sa relaxe et conteste toute responsabilité dans les réactions de ses abonnés. Son avocate a également rejeté toute intention antisémite dans certains propos controversés attribués au rappeur.
Le tribunal correctionnel de Paris rendra sa décision le 2 juin, dans une affaire qui relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques face aux vagues de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux.



























