L’artiste ivoirien Himra s’est livré sans détour sur les obstacles qu’il a rencontrés dans sa carrière musicale, évoquant notamment le poids des difficultés financières et le manque de soutien à ses débuts. Dans une déclaration relayée par First, le rappeur a estimé que son destin aurait été bien différent s’il avait grandi dans un environnement plus favorisé.
« J’ai compris que pour faire comme les rappeurs occidentaux, il faut d’abord créer une possibilité. Et pour atteindre cette possibilité, il y a un pont. Ce pont, ce sont les moyens, c’est l’argent », a-t-il confié, soulignant l’importance des ressources financières dans la construction d’une carrière artistique.
A lire aussi : Maa Bio : « Je suis Star avant Himra »

Comme de nombreux jeunes talents, Himra explique avoir été confronté très tôt à l’indifférence et au scepticisme de son entourage. « Au début, tu demandes de l’aide, mais il n’y a rien, parce que personne ne croit en toi. Personne ne croit que tu peux faire comme Lil Wayne », a-t-il regretté.
Ces déceptions répétées ont profondément marqué l’artiste, au point de l’amener à se replier sur lui-même. « De déception en déception, j’ai fini par me retirer de tout ce qui est relations humaines, parce que des gens m’ont fait des promesses qu’ils n’ont jamais tenues », a-t-il expliqué. Se décrivant comme une personne sensible, il reconnaît que les promesses non tenues ont renforcé sa méfiance. « Moi, je suis très émotionnel. Tu peux me dire que tu vas faire quelque chose pour moi ; si tu ne le fais pas, je peux m’énerver contre toi », a-t-il ajouté.
Mais loin de l’abandonner, cette période difficile a marqué un tournant dans son parcours. L’artiste affirme avoir décidé de prendre son destin en main. « Quand je me suis retiré de tout ça, j’ai commencé à chercher moi-même le pont pour atteindre la possibilité », a-t-il confié. C’est ainsi qu’il a commencé à développer ses propres projets, porté par une conviction profonde. « J’avais confiance en ma vision, en la manière dont je voyais les choses, et ce depuis 2015 », a-t-il précisé.

Malgré les progrès réalisés, Himra reste lucide sur les inégalités qui existent dans l’industrie musicale. « Oui, je le répète : si j’étais né dans une famille aisée ou riche, je serais une star depuis mes 18 ans », a-t-il affirmé sans détour.
À travers cette déclaration, le rappeur met en lumière une réalité souvent vécue par de nombreux jeunes artistes africains : le talent seul ne suffit pas toujours, et le manque de moyens peut ralentir, voire compromettre, une ascension artistique.
Lucien Kouaho (stagiaire)
Himra, le premier rappeur ivoirien à remplir le Zénith de Paris – allbuzzafrica



























