Le comédien ivoirien Fortuné Akakpo a surpris plus le vendredi 27 février 2026 sur la Nouvelle Chaîne ivoirienne (NCI) d’un en revenant sur un pan méconnu de son parcours. L’artiste, aujourd’hui reconnu sur les scènes théâtrales et audiovisuelles, a confié avoir exercé une activité bien éloignée des projecteurs : la livraison de poisson à domicile.
« J’ai fait de la livraison de poisson à domicile. À l’époque, c’est notre grand frère qui nous avait initiés à cette activité : Me N’Guessan Ludovic, un homme brillant et intelligent », a-t-il raconté. Selon lui, cette initiative visait à offrir aux jeunes comédiens une activité génératrice de revenus. Entre deux ou trois répétitions théâtrales, il fallait trouver de quoi subvenir aux besoins quotidiens, d’autant plus que les cachets étaient modestes.
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Ainsi, chaque week-end, le futur acteur sillonnait les quartiers pour livrer du poisson à une clientèle fidèle. « Nous livrions du poisson à une liste de clients, leur évitant ainsi d’aller au marché », a-t-il précisé. Une organisation rigoureuse, un service de proximité et surtout un souci constant de qualité ont permis à l’équipe de fidéliser sa clientèle.
Au-delà de l’aspect financier, cette période demeure, selon lui, une véritable école de vie. « Ce fut une période extrêmement enrichissante, car elle nous a appris la patience, le sens du marketing, et nous a permis de rencontrer beaucoup de personnes », a-t-il souligné. Des compétences qui, à l’en croire, lui servent encore aujourd’hui dans la gestion de sa carrière artistique.
Mais l’anecdote la plus marquante reste liée à l’éducation de sa fille. En 2010, cette activité de vente de poisson a joué un rôle déterminant dans son inscription à l’université. « Figurez-vous que cette activité m’a même permis, en 2010, d’inscrire ma fille à l’université », a-t-il confié avec émotion.
L’une de ses clientes n’était autre que l’épouse du fondateur de l’Université Hampaté Ba. « Le jour où ils m’ont reconnu, ma fille a été inscrite, et son mari m’a aidée à payer la moitié de la scolarité, soit 400 000 FCFA, parce que j’étais le livreur de poisson de sa femme et que j’assurais toujours la qualité des produits », a-t-il relaté.
À travers ce témoignage, Fortuné Akakpo rappelle que la dignité du travail ne se mesure ni à son prestige ni à sa visibilité. Un message fort pour la jeunesse, à qui il démontre que chaque expérience, aussi modeste soit-elle, peut ouvrir des portes inattendues.
Lucien Kouaho (stagiaire)



























