Dix-huit supporters sénégalais, arrêtés à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, demeurent détenus au Maroc et devront comparaître de nouveau devant la justice. Leur procès en appel est prévu pour le 16 mars 2026 à Rabat, alors que leurs proches espéraient jusqu’ici une issue diplomatique ou une grâce royale.
Les faits remontent au 18 janvier 2026, jour de la finale de la compétition opposant le Équipe du Maroc de football à l’Équipe du Sénégal de football. La rencontre, particulièrement intense, avait été marquée par des incidents dans les tribunes impliquant plusieurs supporters sénégalais regroupés au sein des « ultras » des Lions de la Teranga.
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À l’issue de ces troubles, les autorités marocaines avaient procédé à l’arrestation de plusieurs ressortissants sénégalais. Dix-huit d’entre eux avaient ensuite été poursuivis pour « hooliganisme » devant la justice marocaine.
Le 19 février 2026, le tribunal avait rendu son verdict, condamnant les prévenus à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an. Ces condamnations avaient suscité une vive réaction au Sénégal, où l’opinion publique et les familles des détenus ont exprimé leur inquiétude face à la sévérité des peines.
Pour les proches des supporters incarcérés, la situation reste particulièrement difficile. Certaines familles disent désormais craindre les conséquences sociales et financières de cette détention prolongée. « C’est très dur. Je ne sais pas comment je vais faire pour payer la scolarité des enfants, ni même la nourriture », confiait en larmes Arame Ndiaye, épouse de l’un des condamnés à un an de prison, lors d’une intervention dans un média international.
Face à cette situation, les familles et plusieurs observateurs sénégalais espéraient une mesure de clémence de la part du souverain marocain, Mohammed VI. Une grâce royale aurait pu permettre la libération anticipée des détenus et apaiser les tensions suscitées par l’affaire.
Toutefois, l’évolution du dossier judiciaire semble avoir pris une autre direction. Selon plusieurs sources médiatiques, le parquet ainsi que la partie civile ont décidé d’interjeter appel du jugement initial. Cette décision ouvre la voie à un nouveau procès devant la juridiction compétente à Rabat.
Du côté de la défense, cette procédure a suscité incompréhension et interrogations. L’avocat des supporters, Maître Patrick Kabou, affirme ne pas avoir été informé à temps de la décision d’appel. Il indique également que le délai légal pour introduire cette procédure semblait déjà expiré, ce qui crée, selon lui, une situation de flou juridique autour du dossier.
Dans ce contexte, le procès en appel du 16 mars est désormais très attendu, aussi bien par les familles des détenus que par l’opinion publique sénégalaise. Cette nouvelle audience pourrait soit confirmer les peines prononcées en première instance, soit ouvrir la voie à une révision des condamnations.
En attendant, les dix-huit supporters sénégalais restent incarcérés au Maroc, tandis que leurs proches continuent d’espérer une issue favorable à ce dossier devenu sensible entre les deux pays.
Lucien Kouaho (stagiaire)
CAN féminine 2026 La tension monte autour de l’organisation – allbuzzafrica


























