Faé Emerse est revenu sur la défaite des Eléphants le 10 janvier 2026 face aux Pharaons d’Egypte. Il a indiqué en conférence qu’il ne ressemble pas à quelqu’un qui a peur de perdre sa place.
Comment expliquez-vous cette défaite ?
On s’attendait à un match difficile contre l’Egypte. On avait préparé nos joueurs pour affronter cette équipe égyptienne. Malheureusement, on a fait beaucoup trop d’erreurs à des moments trop importants pour pouvoir espérer éliminer cette équipe. Mais c’est le jeu.
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Sur l’ensemble du match, qu’est-ce qui n’a pas marché selon le plan que vous avez mis en place pour justement contrer cette équipe de l’Egypte ?
Je pense que ce qui nous a surtout fait mal ce soir, c’est ces erreurs. Mais au-delà des erreurs qu’on a faites, ce sont des erreurs qui se sont trouvées à des moments vraiment charnières. Cette erreur dès le début du match quand vous jouez contre l’Egypte. Si vous leur faites le moindre cadeau, ils vont vous punir directement. Et le fait de commencer le match en encaissant un but assez rapidement, ça nous a handicapés. Surtout que le deuxième, il est venu peu de temps après. Donc on a mis du temps à rentrer dans le match. Et on a réagi sur la première mi-temps en revenant à 2 à 1.
Mais je pense que le moment charnière du match aujourd’hui, c’est ce troisième but. Il vient au pire moment pour nous. Au moment où on revient de la pause. Alors qu’on avait envie de revenir. On savait qu’il y allait avoir de la place. Mais il ne fallait pas prendre ce troisième but. Malheureusement, on l’a pris. Et là, on s’est vraiment mis dans les problèmes. On a réagi derrière en revenant à 3 à 2. Mais après, c’est compliqué. Quand vous êtes mené par une équipe comme l’Égypte, vous savez que ça va être très compliqué pour revenir parce qu’ils défendent bien. Ils sont bien organisés. Ils aiment ce genre de foot. Ils aiment ce scénario où ils doivent attendre. Et on leur a rendu le match trop facile.
Coach, on sait que les Égyptiens nous ont battus. Mais quand tu regardes le jeu et cette façon de jouer en simulant, est-ce qu’à un moment donné, tu as ressenti de la frustration ?
Oui, on est toujours un peu frustrés, déçus quand on perd. Après, on les connaît. Je l’ai dit. L’Égypte, ça a toujours été comme ça. Après, ils ont l’expérience. Ils le font bien. Tant mieux pour eux. Si les arbitres tombent dans le jeu,on ne peut rien faire face à ce genre de truc. Ce qui est frustrant, c’est qu’on connaissait cette équipe. On savait bien qu’ils n’allaient pas jouer, qu’ils allaient nous attendre. Ils allaient défendre. Ils allaient mettre des coups. Ils allaient tomber. Ils allaient simuler tout, on savait.
Ce qui nous fait « chier », c’est le fait de prendre des buts aussi bêtement. Des erreurs de concentration. Des erreurs qu’on n’a pas l’habitude de faire. C’est ce qui est le plus dur aujourd’hui.
Qu’est-ce qui a motivé ces changements de dernière minute au cours du temps additionnel ? Est-ce qu’à cet instant-là, vous y croyez encore ?
Toujours, on y croit. On demande aux joueurs d’y croire jusqu’à la fin. Ce n’est pas nous, coach, qui n’allons pas y croire. Nous, on y a cru. On a essayé de trouver des solutions en faisant rentrer les joueurs qu’on a fait rentrer. Malheureusement, ça n’a pas payé. On est déçus. C’est le football. On va continuer à travailler. On va préparer la coupe du monde tranquillement. On a un beau groupe. On a un groupe qui est jeune. On va apprendre de nos erreurs et travailler pour les corriger.
Ne pensez-vous pas que les changements ont été tardifs ?
On a fait des changements. Comme je l’ai dit, ce soir, ça n’a pas payé. Peut-être que j’aurais dû les faire plus tôt. Je ne sais pas. Ça, on ne pourra jamais le savoir. On a essayé de lire le match. On a essayé d’apporter des changements pour revenir au score. Ça n’a malheureusement pas marché cette fois.
Toute la première période, on a vu votre capitaine, Franck Késsié, qui a été transparent. Pourquoi vous avez mis assez de temps pour le remplacer ? Et puis coach, le mondial arrive très tôt. Vous n’avez pas peur de perdre votre place ?
Est-ce que je ressemble à quelqu’un qui a peur de perdre sa place ? Non. Moi, dans la vie, je ne me prends pas la tête. C’est Dieu qui est au contrôle. Si demain, je dois perdre ma place, je perds ma place. Je ne vais pas me suicider. Ne vous inquiétez pas. Je continuerai à me battre. Et puis, on recherchera un nouveau projet. Je n’ai pas de crainte par rapport à ça. Ça fait partie du métier d’entraîneur. Vous gagnez, ça va . Vous gardez votre place. Quand vous perdez, vous êtes susceptible de la perdre. C’est comme ça. Je n’ai pas de crainte par rapport à ça.
Quel est votre mot à l’endroit du deuxième homme qui était présent dans ce stade ?
Le public a été présent. Encore merci. Merci beaucoup. Ça fait du bien d’être à l’étranger et d’avoir un public ivoirien qui est présent, qui fait du bruit. Ce qu’il faut souligner, c’est qu’Agadir, c’était le camp de base de l’Égypte. Ils ont fait quasiment tout leur match ici. Mais quand on regardait ce soir dans les tribunes, on avait plus l’impression d’être dans le camp de base de la Côte d’Ivoire que celui de l’Égypte. Félicitations encore à eux. Ils ont fait leur boulot. Ils ont fait leur match. On est déçus de ne pas leur avoir donné la victoire.
Vous avez dit tout à l’heure que vous avez décelé des erreurs. La mauvaise concentration, tout ça.
Pourquoi est-ce qu’il y a eu ce manque de concentration ?
Franchement, ça c’est dur à expliquer. C’est des choses qui ne s’expliquent pas. On a prévenu les joueurs. On leur a beaucoup parlé de l’Egypte et de leur manière de déjouer. Malheureusement, ce soir, on n’a pas su éviter ces erreurs. C’est vraiment dommage. Cette équipe-là, quand vous leur faites des cadeaux comme ça, vous vous mettez dans les problèmes. Vous vous mettez dans les difficultés. Vous êtes obligés de courir après le score. Ils savent déjouer. Ils savent gagner du temps. Donc, ça vous demande encore plus d’efforts. On l’a fait en revenant à 2-1. Mais comme je l’ai dit, ce troisième but, il nous remet un coup. Et après, on revient à 3-2. Après, on n’a pas su trouver la ressource pour aller chercher les prolongations. On est déçu.
On voulait aller loin. On voulait rentrer en Côte d’Ivoire avec la coupe. Mais ça n’a pas marché. Maintenant, il y a des satisfactions. On a senti un groupe tout au long de la compétition avec des joueurs qui avaient envie de jouer ensemble, qui avaient envie de se battre ensemble, qui avaient envie de gagner ensemble.
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Beaucoup de solidarité dans ce groupe avec des jeunes qui sont arrivés. Qui ont bien été accueillis, qui se sont bien adaptés au reste du groupe. Ce qui est encourageant, c’est qu’on a des jeunes qui ont encore un bel avenir. Pour beaucoup, c’était leur première CAN. Donc, on va avoir le temps encore de préparer cette génération pour qu’elle devienne de plus en plus forte. Pour qu’elle gagne en expérience aussi. Parce que c’est important dans des compétitions comme celle-ci; dans des matchs comme celui-ci. On a vu que l’Egypte a gagné à l’expérience. Mais notre groupe a montré du caractère même si notre parcours s’arrête.
L’héritage
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction
Faé Emerse : « L’Égypte s’est qualifiée grâce à nos erreurs individuelles » – allbuzzafrica

























