L’Afrique de l’Est s’apprête à renouer avec l’histoire du football continental en accueillant la prochaine Coupe d’Afrique des nations, plus d’un demi-siècle après la dernière édition organisée dans la région. Cinquante et un ans après la CAN 1976 disputée en Éthiopie, l’édition 2027 marquera le retour de la compétition en Afrique de l’Est. Prévue du 19 juin au 18 juillet 2027, elle sera co-organisée par trois pays : la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya.
Si cet événement représente une avancée majeure pour la région sur le plan organisationnel et symbolique, les attentes sportives restent toutefois mesurées. Au regard des récentes performances des trois pays hôtes, la CAN 2027 s’annonce, sur le papier, moins relevée que l’édition 2025 qui vient de s’achever au Maroc, marquée par un niveau de jeu particulièrement élevé.
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Parmi les trois co-organisateurs, le Kenya apparaît comme le maillon le plus faible sur le plan sportif. Classées 113e au dernier classement FIFA, les Harambee Stars n’étaient d’ailleurs pas présentes à la CAN 2025. Dans toute leur histoire, les Kényans ne se sont qualifiés qu’à six reprises pour une Coupe d’Afrique des nations, sans jamais parvenir à franchir le cap de la phase de groupes.
Pourtant, un vent d’espoir avait soufflé après la qualification du Kenya pour les quarts de finale du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2025, une compétition réservée aux joueurs évoluant dans leurs championnats locaux. Coorganisé avec l’Ouganda et la Tanzanie, ce tournoi avait suscité des illusions quant à une possible progression du football kényan. Des espoirs vite douchés par les revers enregistrés lors des qualifications pour la Coupe du monde 2026, avec des défaites face à la Gambie (3-1) et au Gabon (2-1). Une situation d’autant plus préoccupante qu’aucun joueur kényan n’évolue actuellement dans les cinq grands championnats européens.
« Nous sommes tellement habitués à la médiocrité que, lorsqu’on nous présente le vrai niveau, on en reste choqué », ironise Daniel Wahome, journaliste sportif réputé au Kenya, dans une déclaration à l’AFP. Un constat amer partagé par de nombreux observateurs locaux.
Le palmarès continental du football kényan reste en effet très maigre. Le seul titre remporté par un club du pays en compétition africaine remonte à 1987, lorsque Gor Mahia avait décroché la Coupe des coupes. Pour Arnold Kanyangonda, commentateur sportif kényan, cette stagnation s’explique en grande partie par les « magouilles » au sein de la Fédération, qui découragent les investisseurs. « Le problème du Kenya, c’est l’argent. La gestion financière et la bonne gouvernance sont essentielles pour débloquer l’amélioration du sport », insiste-t-il.
À l’approche de la CAN 2027, le défi pour les pays hôtes, et particulièrement pour le Kenya, sera donc double : réussir l’organisation de l’événement et élever le niveau sportif afin de ne pas transformer cette grande fête du football africain en simple vitrine sans ambition compétitive.
Lucien Kouaho (stagiaire)


























