Le cyber-activiste ivoirien Jean Christian Konan a été placé sous mandat de dépôt et incarcéré au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (ex-MACA), mercredi 18 février 2026, à la suite de son déferrement devant le parquet. Selon son conseil, une information judiciaire a été ouverte contre lui pour sept chefs d’accusation présumés.
D’après son avocat, les poursuites engagées reposent sur les accusations suivantes, notamment, diffamation, appel au meurtre, incitation à la haine, trouble à l’ordre public, appel à la destruction de biens privés, appel à la violence en groupe et filouterie.
A lire aussi : Côte d’Ivoire : Le cyber-activiste Jean Christian Konan arrêté à Mpouto
Si ces faits venaient à être établis, ils constitueraient le fondement des poursuites judiciaires et justifieraient, à ce stade de la procédure, son placement en détention provisoire.
Une arrestation menée par la PLCC
L’interpellation de Jean Christian Konan remonte au lundi 16 février 2026. Il avait été arrêté par les éléments de la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC).
Très actif sur les réseaux sociaux, où il revendique plus de 55 000 abonnés, il s’est fait connaître par des publications dénonçant ce qu’il présente comme des irrégularités ou des abus. Ces prises de position sont aujourd’hui au centre des accusations examinées par la justice.
Selon des sources proches du dossier, plusieurs entreprises auraient déposé plainte contre lui, l’accusant d’avoir diffusé des informations jugées fausses et préjudiciables à leur image. Au moins cinq sociétés seraient concernées.

Ces plaintes ont contribué à l’ouverture de l’information judiciaire, qui vise également des faits présumés de filouterie ainsi que des appels supposés à la destruction de biens privés et à la violence en groupe.
Le journaliste d’investigation Assalé Tiémoko, fondateur du journal L’Éléphant Déchaîné, a confirmé l’évolution de la procédure dans une déclaration publique.
Il indique notamment que : « Arrêté lundi 16 février, Jean Christian Konan a été déféré ce mercredi au parquet où une information judiciaire a été ouverte contre lui (…) Ce soir, JCK a été écroué au PPA (ex-Maca). »
Cette déclaration confirme ainsi les sept chefs d’accusation retenus à ce stade ainsi que son incarcération effective.
Un contexte lié au dossier du remblayage de la lagune
L’arrestation fait suite à des récentes publications de l’activiste concernant des travaux de remblayage de la lagune à Abidjan, notamment dans la zone de M’Pouto.
Il relayait les préoccupations d’un collectif de riverains dénonçant des travaux qu’ils jugent irréguliers, dont la construction d’un mur qualifié de « mur de la honte ». Ce collectif affirme avoir saisi plusieurs autorités administratives ainsi que le Pôle pénal spécialisé dans la protection de l’environnement.
Le placement sous mandat de dépôt marque une nouvelle étape dans la procédure judiciaire. Le juge d’instruction devra désormais examiner les différentes accusations afin de déterminer si les éléments constitutifs des infractions reprochées sont réunis.
En attendant les conclusions de l’enquête, Jean Christian Konan demeure détenu au PPA.
Karina Fofana

























