Animateur emblématique de l’émission Couleurs Tropicales sur Radio France Internationale (RFI), Claudy Siar s’est exprimé sur les difficultés professionnelles qu’il dit rencontrer en raison de ses prises de position. Invité sur le plateau de la chaîne Espace TV Guinée, le journaliste et militant a évoqué sans détour ce qu’il qualifie de « lourd tribut » payé pour ses engagements humanistes.
Au cours de l’entretien, le natif de Paris a confié que ses prises de parole publiques lui auraient coûté plusieurs revers dans sa carrière médiatique. « Je paie très cher mes engagements. Comme vous le savez, il y a un peu plus d’un an maintenant, j’ai été licencié de France 24, suite à des propos. Et les choses sont très très mal engagées pour moi aujourd’hui avec RFI », a-t-il déclaré, laissant entendre que sa situation au sein de la radio internationale française reste incertaine.
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Malgré cette situation, Claudy Siar affirme que ses prises de position n’ont jamais fait l’objet de plaintes officielles. Selon lui, aucune critique formelle n’a été enregistrée, ni de la part des autorités de tutelle de France Médias Monde le groupe qui regroupe notamment RFI, France 24 et Monte Carlo Doualiya ni de la part d’associations ou de particuliers. Une réalité qui, selon l’animateur, renforce sa détermination à poursuivre son combat.
Au fil de l’entretien, le journaliste guinéen qui l’interrogeait s’est dit surpris par ses déclarations. Il lui a notamment demandé s’il parlait bien de la même France, celle qui se réclame des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. La réponse de Claudy Siar a été directe et sans détour. « En France, lorsque vous êtes Noirs, c’est soit vous restez à votre place, soit vous devez subir les foudres des pouvoirs médiatique, politique, économique et intellectuel », a-t-il affirmé. L’animateur estime avoir toujours été conscient de cette réalité, mais considère aujourd’hui en payer le prix sur le plan professionnel.
Malgré les difficultés qu’il évoque, Claudy Siar assure qu’il ne renoncera pas à ses convictions. L’homme de médias, connu pour son engagement en faveur des diasporas africaines et de la lutte contre les discriminations, reste persuadé que son combat dépasse largement sa situation personnelle.
« Je l’ai toujours compris, je l’ai toujours su. Et aujourd’hui, on me le fait payer très cher », a-t-il insisté, avant d’ajouter que rien ne pourra mettre fin à son engagement pour les causes qu’il défend.
À travers ces déclarations, Claudy Siar relance ainsi le débat sur la liberté d’expression et la place des voix engagées dans le paysage médiatique français. Un sujet sensible qui continue de susciter de nombreuses réactions dans les milieux journalistiques et au sein des communautés africaines de la diaspora.
Lucien Kouaho (stagiaire)
























