La justice marocaine a condamné, ce jeudi 19 février, les 18 supporters sénégalais détenus depuis les incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) disputée le 18 janvier à Rabat. Les peines prononcées vont de trois mois à un an de prison ferme. Les condamnés ont d’ores et déjà annoncé leur intention de faire appel.
Poursuivis devant le tribunal de Rabat pour des faits de hooliganisme, les prévenus étaient accusés notamment de violences contre les forces de l’ordre, de dégradation d’équipements sportifs, d’invasion de la pelouse et de jets de projectiles.
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À l’issue du procès : 9 supporters ont été condamnés à un an de prison assorti d’une amende de 5.000 dirhams (environ 304 270 FCFA) ; 6 autres ont écopé de six mois de prison et d’une amende de 2.000 dirhams (118 072 FCFA) ; 3 derniers ont été condamnés à trois mois de prison avec une amende de 1.000 dirhams (59 036 FCFA).
Un ressortissant français d’origine algérienne, également jugé pour avoir lancé une bouteille, a été condamné à trois mois de prison et à une amende similaire.
Des incidents lors d’une finale sous tension
Les faits remontent à la finale de la CAN disputée le 18 janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, remportée par le Sénégal (1-0) dans un climat particulièrement tendu.
Après un but refusé aux Lions de la Teranga suivi d’un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, des supporters sénégalais ont tenté d’envahir la pelouse et lancé des projectiles vers le terrain, provoquant des échauffourées.
Le parquet marocain a estimé que les accusés avaient « délibérément voulu perturber le bon déroulement du match » et commis des violences diffusées en direct à la télévision.
Une défense qui dénonce des “boucs émissaires”
Réagissant à la décision, leur avocat, Patrick Kabou, a dénoncé une condamnation « incompréhensible », estimant que ses clients servaient de « boucs émissaires ».
Durant leur détention, les 18 supporters avaient entamé début février une grève de la faim que la défense qualifie plutôt de « jeûne » pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une injustice.
À la barre, les prévenus ont réaffirmé leur innocence tout en exprimant leurs regrets face aux incidents. Ils ont également insisté sur les liens fraternels entre les peuples marocain et sénégalais.
L’accusation s’est appuyée sur les images des caméras du stade ainsi que sur des certificats médicaux établissant des blessures chez certains membres des forces de l’ordre et stadiers.
Le parquet a évalué les dégâts matériels à plus de 370 000 euros (242 704 090 FCFA.
La défense a toutefois contesté la solidité des preuves, affirmant qu’aucun flagrant délit n’avait été établi et que les images ne constituaient pas des éléments irréfutables de culpabilité.
Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) avait déjà infligé des sanctions disciplinaires aux fédérations sénégalaise et marocaine pour comportements antisportifs et manquements aux principes de fair-play.
Selon la partie civile, ces sanctions ne sauraient exonérer les supporters de leur responsabilité pénale.
Le Maroc, hôte de cette 35e édition de la CAN disputée du 21 décembre au 18 janvier, se prépare par ailleurs à coorganiser la Coupe du monde 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Les 18 supporters sénégalais devraient déposer leur recours dès ce vendredi 20 février.
Karina Fofana
CAN 2025 : La CAF frappe fort après la finale houleuse Sénégal-Maroc – allbuzzafrica























