Invité ce mardi 20 janvier 2026 dans l’émission PPLK diffusée sur La3, l’humoriste ivoirien Boukary s’est livré avec franchise sur sa relation avec le public et sur sa vision du métier. Dans un échange, l’artiste a affirmé placer l’adhésion du public au cœur même de sa démarche créative, au point d’en faire un critère décisif pour la suite de sa carrière.
« Si l’humour que je fais ne plaît plus au public, je suis prêt à arrêter. Ce que je fais, je le fais pour le public ; et si cela ne lui plaît plus, pour qui devrais-je continuer, puisque c’est pour lui que je crée ? », a déclaré Boukary, suscitant de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Par ces mots, l’humoriste souligne une conception exigeante et presque militante de son art, fondée sur l’écoute et le respect de ceux qui le suivent.
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Connu pour son humour direct, parfois satirique, Boukary, de son vrai nom Kouamé Gilles Romuald Kacou s’est imposé au fil des années comme une figure appréciée de la scène comique ivoirienne. Ses sketches, souvent inspirés du quotidien et des réalités sociales, lui ont permis de bâtir une relation forte avec son public. Une relation qu’il refuse de considérer comme acquise. Pour lui, la popularité n’est ni éternelle ni automatique, mais le fruit d’un dialogue permanent avec les spectateurs.
Au cours de l’émission, l’artiste a également laissé entendre qu’il reste attentif aux critiques, qu’elles soient positives ou négatives. Il estime que l’humour, en constante évolution, doit savoir s’adapter aux sensibilités du moment sans perdre son authenticité. « Créer, c’est aussi accepter que les goûts changent », semble-t-il rappeler à travers sa prise de position.
Cette déclaration, loin d’être un aveu de faiblesse, apparaît plutôt comme un témoignage de maturité artistique. En se disant prêt à s’effacer si son humour ne trouve plus d’écho, Boukary affirme une humilité rare dans un milieu souvent dominé par la quête de visibilité et de longévité à tout prix.
Boukary, natif de la ville d’Oumé et d’ethnie Gagou, est issu d’une fratrie de 14 enfants. Après le décès de son père, il s’est mis dans le commerce d’éponge, de garba afin de subvenir aux besoins de sa famille.
Il fait ses premiers pas humoristiques en 1996 en jouant le rôle de marabout dans l’émission Dimanche passion de la Côte d’Ivoire, animée par Barthelemy Inabo.
La carrière d’artiste humoriste a véritablement décollé en 2004 et aujourd’hui, il est considéré comme l’un des plus grands talents dans son domaine.
Lucien Kouaho (stagiaire)
























