À chaque Coupe d’Afrique des nations, la même histoire refait surface dans l’imaginaire collectif ivoirien : celle des célèbres « sorciers d’Akradio », supposés intervenir mystiquement pour influencer les résultats des Éléphants. Une croyance populaire que le journaliste et patron de presse André Silver Konan vient de déconstruire dans une publication sur sa page Facebook, ce vendredi 2 janvier 2026.
Pour lui, cette histoire relève davantage du folklore que de la réalité. « Remarquez bien que jusque-là, aucun sorcier ou sorcière d’Akradio ne se signale. Et les Éléphants gagnent. Le jour où il y aura une défaite quelconque, vous entendrez toutes sortes de légendes sur Akradio », écrit-il. Une manière d’illustrer, selon lui, le caractère opportuniste et imaginaire de ces récits, qui surgissent généralement au gré des résultats de l’équipe nationale.
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André Silver Konan se montre catégorique : « Je le répète : les sorciers d’Akradio, c’est une légende ». Il révèle que cette expression ne repose sur aucun fait avéré, mais qu’elle trouve plutôt son origine dans une initiative médiatique datant de plusieurs décennies. Selon ses explications, après la victoire des Éléphants à la CAN 1992, le journal Actuel, aujourd’hui disparu, aurait inventé cette appellation à des fins purement satiriques.
À la suite de la conquête de la troisième étoile de la Côte d’Ivoire, le journal Ivoir’Hebdo avait d’ailleurs mené une enquête approfondie sur cette fameuse croyance. Les conclusions, d’après André Silver Konan, furent sans appel : « Aucun sorcier n’était intervenu en 1992. Et aucun sorcier n’est intervenu dans les victoires suivantes ». L’enquête s’était appuyée sur les témoignages de la quasi-totalité des acteurs de l’époque, balayant toute hypothèse d’intervention mystique.
Plus encore, cette enquête avait suscité des réactions locales. La notabilité d’Akradio avait déposé une plainte, à la suite de laquelle André Silver Konan s’était lui-même rendu à Dabou pour suivre le dossier. L’affaire s’était finalement soldée par un classement sans suite, tant « l’arnaque sportive était grosse comme le nez au milieu du visage », au point de prêter à sourire aux autorités chargées de l’examiner.
Aujourd’hui encore, le journaliste met en garde contre la récupération de cette légende à des fins mercantiles. « Retenez-le une bonne fois pour toute : les sorciers d’Akradio, c’est juste du marketing pour certaines personnes à chaque CAN », insiste-t-il, appelant à faire la part des choses entre croyances populaires et faits avérés.
À travers cette sortie, André Silver Konan invite les Ivoiriens à garder un regard critique sur les récits qui entourent le football, rappelant que les victoires des Éléphants reposent avant tout sur le travail, la discipline et le talent des joueurs, bien plus que sur des légendes héritées du folklore.
Lucien Kouaho (stagiaire)

























