La méga star ivoirienne Alpha Blondy a exprimé sa profonde tristesse à l’annonce du décès de son mentor, Boncana Maïga le samedi 28 février 2026 à Bamako à 77 ans. Très émue, il affirme que le Mali et l’Afrique perdent l’un des plus grands artisans.
Le Maestro s’est éteint… La lumière d’un grand architecte du son vient de se fondre dans l’invisible. Mais certaines lumières ne meurent pas. Elles deviennent étoiles. Boncana Maïga n’est plus parmi nous, mais son souffle demeure dans chaque vibration, dans chaque cuivre éclatant, dans chaque arrangement qui a donné à nos chansons des ailes plus vastes que le ciel d’Afrique.
A lire aussi : Françoise Remarck : « Le parcours de Boncana Maïga est celui d’un homme entièrement consacré à l’art »
La rencontre des destinées. Je me souviens… 1984…. Dans la cour de la RTI.
Il était chef d’orchestre, pédagogue exigeant, musicien forgé à Cuba, nourri de salsa, de rigueur académique et d’ouverture au monde.
Je lui ai parlé de « Rendez-vous ce soir chez Fatoumata ».
Il m’a parlé de son aventure cubaine, des Maravillas del Mali, de ces rythmes afro-cubains qui reliaient Bamako à La Havane comme un pont invisible sur l’Atlantique.
Nous avons évoqué New York, El Corso, Johnny Pacheco, Celia Cruz, Fajardo, Eddie Palmieri…
Et dans cette conversation, quelque chose s’est accordé. Deux univers se sont reconnus.
En 1989, je lui ai confié l’album Masada.
Depuis, nous n’avons jamais cessé de marcher ensemble.
Maestro… Mon Grand Architecte sonore…
Je vous ai toujours vouvoyé. Par respect. Par admiration.
Vous étiez le cœur invisible de tant de chansons…. Celui qui, dans l’ombre, sculpte la lumière.
Vous repreniez, encore et encore :
“Refais.”
“Encore.”
“Respire.”
“Trouve la note juste.”
Et quand vous disiez : « C’est bon. »
On pouvait dormir tranquille. Il n’y aurait pas de fausse note.
Vous avez arrangé une quinzaine de mes albums.
Corrigé, sublimé, élevé les autres.
Vos orchestrations ont donné à ma musique une saveur divine, une ampleur nouvelle, une architecture céleste.
À Tuff Gong, en Jamaïque, pour l’album Yitzhak Rabin, même les Jamaïcains furent impressionnés.
Votre science du rythme parlait toutes les langues.
Fils digne du Mali.
Fils spirituel de l’Empire Songhaï.
Panafricain musical.
Le Mali et l’Afrique perdent l’un des plus grands artisans du dialogue musical entre les continents.
Vous avez relié Cuba à Bamako, Paris à Abidjan, Kingston à la Grande Armée, Davout à Marcadet puis aux studios Harrison…
Vous étiez un pont.
Un passeur.
Un bâtisseur d’harmonies.
Il restera de vous :
* Des nuits blanches en studio où nous avons accouché de chefs-d’œuvre dans la sueur et la joie.
* Des éclats de rire entre deux prises.
* Des voyages, des repas, des débats passionnés sur la musique et l’Afrique.
* Des arrangements qui vibreront encore quand nos voix se seront tues.
Ce que vous avez semé germera dans d’autres mains.
Dans d’autres orchestres…. Dans d’autres rêves.
Votre vie fut une œuvre magistrale dont vous étiez le chef d’orchestre. Aujourd’hui, vous avez posé la baguette.
Mais la symphonie continue.
La mort semble dresser un mur… Et pourtant, je vous chercherai désormais dans le ciel.
Peut-être êtes-vous cette étoile douce qui scintille au firmament,
Celle qui veille sur nos notes, celle qui accorde nos cœurs quand ils vacillent….
Le silence que vous laissez est la note la plus grave, la plus profonde, de votre ultime chef-d’œuvre.
Cliquez ici pour vous abonner à Ivoir’Hebdo, meilleur journal d’investigation de Côte d’Ivoire et première meilleure vente
Maestro,
Merci d’avoir existé.
Merci pour votre rigueur.
Merci pour votre exigence.
Merci pour votre amour de la musique.
Je vous dois une gratitude éternelle…
Vous êtes le plus grand arrangeur que Dieu ait mis sur ma route.
Un grand architecte sonore.
Un maître, un guide, un frère d’âme musicale.
Mission accomplie. Votre repos est mérité.
Nous serons plus grands de vous avoir connu.
Plus riches de vous avoir aimé.
Et tant que mes chansons vivront,
Votre empreinte y brillera … éternelle.
Reposez en Paix dans les bras de Dieu.
Alpha Blondy
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction
Gadji Celi pleure Boncana Maïga : « Je suis troublé » – allbuzzafrica

























