La question du soutien dans l’entrepreneuriat féminin continue de susciter débats et réflexions en Côte d’Ivoire. À travers une prise de parole, Akouba Angola Aggré, jeune femme d’affaires ivoirienne, interpelle sur un sujet souvent passé sous silence : la reconnaissance du rôle que certains hommes jouent dans la réussite des femmes entrepreneures.
Selon elle, dans les récits médiatiques et les témoignages diffusés à la télévision ou sur les réseaux sociaux, il est très rare d’entendre une femme reconnaître qu’un homme a été présent derrière son entreprise, que ce soit par un accompagnement moral, financier ou stratégique. « Très souvent, on entend plutôt : “Je me suis construite toute seule, j’ai tout fait seule” », observe-t-elle. Une réalité qui existe, concède-t-elle, mais qui ne reflète pas toujours l’ensemble du parcours entrepreneurial.
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Pour Akouba Angola, ce silence n’est pas anodin. Il est souvent dicté par la peur d’être rabaissée ou de voir son mérite minimisé. Reconnaître l’aide d’un homme, surtout lorsqu’il s’agit de son conjoint ou d’un proche, est encore perçu comme une faiblesse ou une dépendance. Pourtant, estime-t-elle, il s’agit là d’un faux débat. « En quoi le fait d’avoir été soutenue ou accompagnée financièrement par un homme enlève-t-il le mérite ? », s’interroge la cheffe d’entreprise.
Elle rappelle que l’apport financier, à lui seul, ne garantit en rien la réussite d’un projet. Donner 100 000 FCFA à une personne capable de les transformer en un million n’a pas la même portée que de confier un million à quelqu’un qui n’en fera rien. Autrement dit, le succès repose avant tout sur la vision, la capacité de gestion et le sens des opportunités de celle ou celui qui entreprend.
Au-delà de l’argent, Akouba Angola insiste sur des valeurs essentielles telles que l’intelligence, le courage et la ténacité. Ce sont elles, selon elle, qui permettent de positionner un business, de le faire grandir et de le pérenniser. « Faire prospérer une entreprise ou la rendre grande n’est pas donné à tout le monde », souligne-t-elle, rappelant que la confiance accordée par un partenaire ou un proche est souvent le reflet du potentiel perçu chez l’entrepreneure.
Dans une société où l’autonomie des femmes est légitimement valorisée, la jeune femme d’affaires plaide pour un discours plus équilibré et plus honnête. Reconnaître l’existence d’un soutien masculin n’enlève rien au mérite des femmes, bien au contraire. « Alors s’il y a un homme derrière une femme qui a son business, ça fait quoi ? », lance-t-elle, avant de conclure avec sagesse : « Après tout, ce sont les deux mains qui se lavent. »
Par cette réflexion, Akouba Angola invite à dépasser les clichés et à promouvoir une vision de l’entrepreneuriat fondée sur la complémentarité, la reconnaissance et la vérité des parcours.
Lucien Kouaho (stagiaire)
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