Les accusés de l’affaire des 124.000 seringues commandées en 2020 et jamais livrée, à la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique (NPSP) de Côte d’Ivoire étaient à la barre du Pôle Pénal, Economique et Financier (PPEF), ce mardi 17 mars 2026, selon le journaliste, Fernand Dédeh. Interrogé à la barre par le tribunal et les avocats, l’ex-DG de la NPSP Côte d’Ivoire a affirmé à en croire le journaliste, que l’ISP a trompé la vigilance de ses services. L’affaire a été renvoyée, a-t-il dit, au lundi 23 mars 2026, pour les réquisitions et les plaidoiries.
En juin 2020, la Nouvelle pharmacie de la santé publique de Côte d’Ivoire a passé une commande de 124.000 seringues avec la société Ivoire Seringues Pharma (ISP). La commande n’a jamais été livrée, mais les fonds de 252 millions FCFA ont été virés dans les caisses de la société.
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Quand l’affaire a éclaté en mars 2020, l’auditeur interne de la NPSP Côte d’Ivoire a interrogé le directeur général de la société ISP. Il a affirmé dans un courrier, qu’il n’a pas fourni de bon de commande, mais il a reçu les fonds. « Un règlement anticipé de 205 millions FCFA », a-t-il répondu.
Interrogé à la barre par le tribunal et les avocats, l’ex-DG de la NPSP Côte d’Ivoire a été formel : « Ce n’est pas vrai ce que dit le Directeur général de l’Ivoire Seringues pharma. Je ne crois pas en ce qu’il dit.
Son collaborateur le contredit. Nous avons été abusés. C’est pour cela que nous avons fait le paiement. C’était la première fois en huit ans, que cela arrivait à la NPSP Côte d’Ivoire. C’est suite au travail de l’auditeur interne que j’ai vu plus clair dans le dossier. Quand le fournisseur dit qu’il a reçu un paiement anticipé, c’est faux. Quelqu’un a introduit une pièce frauduleuse dans le système. »
Le DG de ISP n’était pas à la barre, ainsi que son proche collaborateur, entendu pendant l’instruction. Ce dernier a déclaré à cette occasion avoir délivré deux bons de livraison à la demande de son DG. Le faux bon de livraison comportait la signature du DG de l’ISP. « ISP a introduit les factures. Et cela a trompé la vigilance de mes services », a insisté l’ex-DG de la NPSP Côte d’Ivoire.
Question frontale de la présidente du tribunal : « À qui profite le crime ? »
Réponse d’un prévenu : « Le fournisseur a joué sur les faiblesses de la NPSP Côte d’Ivoire. »
Le faux bon de livraison des seringues introduit dans les dossiers portent la signature d’un agent contractuel de la NPSP Côte d’Ivoire. Ce dernier, invité à la barre en qualité de témoin a déclaré : « la signature sur le document n’est pas la mienne. Je ne signe pas les documents. Nous réceptionnons les produits, nous dressons le PV et la fiche de réception. Puis le chef de service signe les documents »
La responsable du service Réception au nombre des prévenus a corroboré les propos du contractuel : « Il n’est pas membre du personnel de la NPSP Côte d’Ivoire. Il ne peut même pas signer le bon de livraison. »
Les avocats ont demandé la comparution du directeur général de l’ISP et son collaborateur. L’affaire a été renvoyée au lundi 23 mars 2026, pour les réquisitions et les plaidoiries.
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction.

























